A l'occasion de la fête du travail : quel avenir pour la fonction publique centrafricaine ?

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Les fonctionnaires constituent incontestablement l'épine dorsale de la force de travail de la République Centrafricaine. A l'occasion du 1er mai, ils ont défilé en nombre sur l'Avenue des Martyrs à Bangui. Au pays du « Kwa na Kwa », leurs revendications sont craintes et leur pouvoir d'achat est vital à la survie de l'économie centrafricaine. Pourtant, leur condition, bien qu'enviée par la plupart des centrafricains, reste précaire. En effet, depuis plusieurs années, les syndicats de fonctionnaires centrafricains (USTC en tête) réclament une revalorisation conséquente de leurs salaires à l'Etat centrafricain. Si le régime de François Bozizé a assuré le paiement régulier des salaires et a mis fin aux mauvaises habitudes des gouvernements de Patassé et de Kolingba (trente-six (36) mois d'arriérés de salaires cumulés à eux deux), la situation de la fonction publique du pays de Boganda reste notoirement insuffisante. Les gratifications et les  « treizième mois » accordés par le gouvernement à ses serviteurs, s'ils méritent d'être mis en exergue, ne peuvent faire oublier les privations subies par le passé.

 

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Car il serait fallacieux d'affirmer que les fonctionnaires centrafricains sont payés à la juste mesure de l'effort fourni. A ceux qui viennent juste d'intégrer un ministère après une licence agrémentée d'un stage, le salaire mensuel dépasse difficilement les 80.000 Francs CFA ou 120 euros (110.000 pour ceux titulaire d'une maîtrise). Les fins de mois sont difficiles, surtout que les conditions de travail dans certains ministères se révèlent exécrables. Locaux dégradés, absence de matériel bureautique, lenteur de la connexion internet... Pas de quoi attirer la matière grise centrafricaine formée en Europe, qui préfère se lancer à la conquête de postes plus lucratifs et plus confortables... D'autres, une fois intégrés dans les ministères, candidatent immédiatement à des structures tels que l'ONU ou la CEMAC, où les salaires sont nettement plus élevés. Le phénomène du « brain drain » (fuite des cerveaux) prend ici tout son sens et l'Etat accentue chaque jour un peu plus son déficit de capital humain.

 

Pourtant, le pouvoir actuellement en place à Bangui est loin d'être le principal responsable de cette situation. L'incurie des régimes précédents avait fortement pénalisée le bien-être de cette corporation et c'est un champ de ruines que le Général Bozizé a trouvé lorsqu'il est entré dans Bangui. Depuis 2003, beaucoup a été fait pour les fonctionnaires. Mais avec un budget excédant à peine les 200 milliards de Francs CFA (300 millions d'euros, un des plus faibles d'Afrique Subsaharienne), difficile de faire mieux. Toutefois, chaque année, le budget est en augmentation constante, et ce facteur combiné avec la nomination au Ministère du Travail et de la Fonction Publique de Noël Ramadan (ancien syndicaliste, secrétaire général de l'USTC), il est permis d'espérer des jours meilleurs pour les vaillants fonctionnaires centrafricains.

 

Albert Tangawissi

Rédaction Centrafrique En Ligne

 

 

Publié dans ECHOS DE LA SOCIETE

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Barthélemy ZOUAKA 04/05/2011 07:25


Il faut modifier vos salaire, on est pas des singes....