Appel à la réhabilitation du site de Bérengo, dernier repos de l'empereur Bokassa Ier

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

http://i.ytimg.com/vi/kLRha5n8Zek/0.jpgQuoi que puissent dire les plus vindicatifs vis-à-vis du gouvernement de l'empereur Bokassa Ier, il n'en reste pas moins que la période allant de 1966 à 1979, ces treize années où Jean-Bédel Bokassa régna en maître sur le territoire centrafricain, ne peut être occultée de l'histoire de la République Centrafricaine indépendante. Tout comme les lieux de mémoire symboliques de ce temps révolu, et dont le meilleur exemple est sans nul doute le palais de l'empereur situé à Bérengo, à 65km au sud de Bangui.

Aujourd'hui, l'ancien palais de Bokassa abrite un camp militaire de formation des jeunes recrues de FACA (Forces Armées Centrafricaines). Et pour ainsi dire, il est dans un état de délabrement assez avancé. Peu de bâtiments ont résisté aux outrages du temps et à la négligence des hommes, excepté peut-être l'imposante statue en bronze du seul empereur de République Centrafricaine, haute de trois mètres et qui trône encore à l'entrée du palais, ombre majestueuse rappelant au visiteur la stature du maître des lieux. Pour le reste, tout n'est que ruines et désolation. Même la tombe du Maréchal Bokassa s'effrite, les carreaux de faïence bleu tombent les uns après les autres, laissant apparaître un ciment immaculé, alors qu'à quelques kilomètres à peine, à Bobangui, la tombe du premier président et héros de l'indépendance Barthélemy Boganda est toujours dans un état impeccable. Quant aux bâtiments, y compris le chalet de l'empereur ou la résidence de l'impératrice Catherine, ils ne paraissent aujourd'hui que comme des vestiges décatis de la splendeur voulue par ce dirigeant si paradoxal. La piscine n'est plus entretenue et contient un liquide saumâtre tandis que le toboggan si souvent utilisé par les enfants de Bokassa se dresse, faisant éclater toute sa rouille aux yeux incrédules de ceux qui arpentent le lieu. 

Cicéron, l'orateur romain, il y a deux millénaires de cela avait affirmé que "L'histoire est à la fois le témoin des temps, la lumière de la vérité, la vie de la mémoire et l'institutrice de la vie". Il ne convient pas ici de juger la valeur du gouvernement Bokassa ni de disséquer son action avec nostalgie, mais il nous faut impérativement réhabiliter notre passé afin que ni les errements ni les réussites de cette période de l'histoire de la République Centrafricaine ne tombent dans l'oubli. Et cette réhabilitation passe indubitablement par la remise en état du palais de Bokassa pour en faire à la fois un lieu de mémoire et un lieu touristique. Mais cela nécessitera une volonté politique forte de valorisation du patrimoine national afin que la République Centrafricaine soit en mesure de prétendre attirer des touristes toujours plus nombreux.

 

Sarah Pendéré

Rédaction centrafriquenligne.com

Publié dans EDITORIAL

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