Cinq ministres pour la paix à Birao : enfin une solution aux conflits ethniques ?

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE


En ce début de semaine, cinq ministres du gouvernement de François Bozizé se sont rendus à Birao (préfecture de la Vakaga) pour aider à la réconciliation des différentes ethnies présentes dans cette extrémité nord de la République Centrafricaine. En effet, et ce depuis de nombreuses années, le clan goula et le clan kara ou rounga se sont livrés à des affrontements sporadiques, qui ont néanmoins eu pour effet de déstabiliser un peu plus cette préfecture de la Vakaga déjà en proie à une invasion de rebelles venus du Tchad. C’est ainsi que, les élections présidentielles et législatives du 23 janvier 2011 approchants, cinq membres éminents du gouvernement se sont rendus par avion spécial à Birao afin de présider une réunion de réconciliation. Parmi eux, on trouvait notamment le Ministre Délégué en Charge de la Défense Nationale, Jean Francis Bozizé, le Ministre en charge du Processus DDR Raymond Paul Ndougou et le porte-parole du gouvernement, Ministre en charge de l’Agriculture et du Développement Rural, Fidèle Ngouandjika.

A de nombreuses reprises, le gouvernement de François Bozizé a été accusée de favoriser les goula au détriment des kara, l’ethnie de l’ancien président Ange-Félix Patassé ou encore des rounga, l’ethnie du chef rebelle disparu Charles Massi. D’aucun ont clamé que l’Homme du 15 mars avait apporté un soutien tant moral que financier aux goula dans leur lutte sanglante avec les kara. Les plus vindicatifs se seront indignés que le chef de l’Etat aurait tenté d’appliquer au Nord de la République Centrafricaine la politique du « diviser pour mieux régner », allant même jusqu’à utiliser le terme totalement affabulatoire de « génocide ».

Ngouandjika.jpgLa présence de cinq des membres les plus influents du gouvernement à Birao démontre indubitablement le contraire. Leur action fut de réunir autour d’une table ronde les différents protagonistes de ce conflit et de tenter de les réconcilier. Sur ce point précis, la mission fut une réussite puisque les parties en présence ont signé un accord qui les engagent à ne plus perpétrer de rapines ni d’atrocités envers leurs ennemis d’hier.  Les ministres ont également exhorté les autorités traditionnelles de la Vakaga à s’unir afin d’affronter le véritable adversaire : les mouvements politico-militaires qui dévastent littéralement cette préfecture ainsi que celle du Bamingui-Bangoran. La CPJP d’Abdoulaye Hissène et l’UFDR de Zakaria Damane doivent être éradiqués du territoire centrafricain, et cela ne peut être accompli sans le concours des populations.  Pour se faire, il serait bon que les différentes ethnies présentes dans ces régions dites « sensibles » cessent leurs querelles stériles et se concentrent sur un objectif qui relève du patriotisme le plus intrinsèque : la défense et le sécurisation du territoire national.

Jonas Abbo Tshipopo

Rédaction Centrafriquenligne.com

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