De l'ineptie d'un dialogue postélectoral aux relents néocolonialistes

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Après un dialogue politique inclusif, un dialogue préélectoral, faudra-t-il en passer en République Centrafricaine par un dialogue postélectoral ? Tel est bien le scénario qui se profile à l'horizon. En effet, ces derniers jours, l'ambassadeur de l'Union Européenne en RCA, le belge Guy Samzun a rencontré le Président François Bozizé pour lui demander d'organiser un dialogue postélectoral regroupant toutes les forces vives de la nation. Cette requête, initiée par la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires Etrangères, la britannique Catherine Ashton, découle d'un rapport de l'UE remettant en cause la validité des dernières élections. Pourtant, à Bangui, l'imposition d'une énième concertation par une puissance occidentale cause beaucoup de remous et d'aucuns vouent déjà aux gémonies cette ingérence d'un nouveau genre. Et pour cause...

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En effet, beaucoup de questions restent en suspens quant à la légitimité de l'Union Européenne pour exiger un tel dialogue. La principale concerne la validité du rapport publié par les instances de Bruxelles, très critique à l'encontre du régime en place. Il convient ici d'interroger nos lecteurs, qui auront sans aucun doute beaucoup plus de sens pratique que nous : comment l'Union Européenne peut-elle évaluer les fraudes commises lors des derniers scrutins, alors qu'elle n'a même pas envoyé un observateur sur le terrain ? Plus encore, de quel droit ce groupement de 27 pays exprime-t-il son opinion sur ce sujet, alors qu'il n'a même pas honoré ses engagements financiers vis-à-vis de ces mêmes élections (à hauteur de près de 10 millions d'euros) ? Pour raisonner par l'absurde, que dirait-on, si, en 2012, François Bozizé exigeait de Nicolas Sarkozy qu'il organise un dialogue postélectoral pour pallier aux fraudes qu'il aurait commise pendant la présidentielle contre Dominique Strauss-Kahn ?

 

Les allégations émises par l'Union Européenne ne relèvent d'aucune légitimité juridique, d'aucune enquête sérieuse, encore moins d'un quelconque fondement moral, si ce n'est d'un néocolonialisme des plus primaires. L'institution supranationale ferait mieux de se préoccuper de ses affaires intérieures, qui se révèlent déjà assez déplorables pour ne pas s'immiscer dans celles des autres. Prévarication en Italie, hégémonie de la mafia en Bulgarie, endettement incommensurable au Portugal et en Grèce, immigration massive aux portes de l'Europe, montée de l'extrême-droite en France... Quoi qu'il ne soit, les écuries d'Augias européennes semblent déjà assez vastes pour remplir largement les agendas de Madame Ashton et de Monsieur Von Rompuy.

 

Pour revenir au cas de la République Centrafricaine, la nécessité d'un nouveau dialogue reste des plus discutables. En effet, inutile de rappeler ici que la démocratie, pour reprendre l'expression consacrée du Président américain Abraham Lincoln, est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Si un dialogue postélectoral doit s'organiser, il doit résulter de la volonté du peuple, et non d'une instance dont le siège est situé à 6000 kilomètres de Bangui. Or, en l'occurrence, rien, absolument rien. Dans les rues de la capitale, aucune manifestation de mécontentement, aucun signe de protestation. Le peuple dans son ensemble semble même soulagé que le nouveau gouvernement ait été nommé et puisse enfin de se mettre au travail, fidèle à la devise du « Kwa na Kwa » (le travail, rien que le travail en langue sango) pour laquelle le Président Bozizé a été réélu avec 64 % des voix dès le premier tour. Car, à force de dialogues intempestifs et vides de sens, c'est autant d'argent et sueur qui ont été gaspillés au détriment des vrais problèmes des centrafricains : logement, éducation, sécurité, santé... Enfin, pour conclure notre argumentaire, n'oublions pas de préciser que le Président Bozizé s'est toujours révélé homme de dialogue et qu'il n'a jamais fermé la porte à ceux qui exprimaient leur intention de rentrer dans la grande bergerie, à l'image des récents ralliements des Ministres Mandaba et Koyaméné.

 

Alors, en définitive, quelle signification exacte donner à l'exigence de l'Union Européenne, si ce n'est une des plus politiques ? Première constatation : l'ambassadeur de l'UE en RCA, Guy Samzun, s'il appartient au corps diplomatique belge, se montre très proches des milieux français dont l'Afrique Centrale reste la chasse gardée depuis les indépendances. Comme son prédécesseur, Jean-Claude Esmieu, il ne s'est jamais montré avare de critiques envers le gouvernement légitime de Bangui, et ce malgré son prétendu devoir de réserve. Tandis qu'Idriss Déby truque allégrement les élections au Tchad avec la bénédiction du Quai d'Orsay, une pression constante est exercée sur la République Centrafricaine, où la France conserve encore de nombreux intérêts (uranium notamment). Si l'on suit ce raisonnement, l'exigence de dialogue de Guy Samzun ne serait qu'un moyen de plus destiné à maintenir sous la coupe des occidentaux le pays de Barthélémy Boganda. Pourtant, nous n'émettons ici qu'une supposition, méritant sans doute d'être approfondie. Quoi qu'il en soit, ni la France ni l'Europe ne semblent en mesure de se poser en donneurs de leçons vis-à-vis de la jeune démocratie centrafricaine. Il est donc permis aux centrafricains ainsi qu'au gouvernement de François Bozizé de s'ériger en contempteurs de l'exigence européenne et d'offrir à la République Centrafricaine la liberté dont elle aurait dû toujours disposer.  

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Dorothée Athémbi 14/05/2011 22:44


Ziguélé, Tiangaye, Nakombo, Gamba, et les autres du FARE, ne doivent pas servir de caution à BOZIZE, ce militaire sans formation politique, est un animal politique, il est méchant et injurieux
envers vous, il ne croit pas aux vertus du dialogue, et même s'il y a dialogue, c'est pourqoui ? Est ce que BOZIZE respectera les termes de l'accord ?
Alors ça ne sert à rien de dialoguer avec ce Dieu de Centrafrique, car après, il ne tiendra pas compte comme d'habitude, laissez-le gérer la pays, comme sa propriété, mais qu'il saches que chaque
régime à sa fin et que lui même est mortel.
N'allez pas cautionner une dictature, que l'Union Européenne tire les conséquences et sanctionne le régime familial de BOZIZE!
Je demande au FARE de faire un travail de plaidoyer et lobbing , d'écrire au parlement européenne, à la Banque Mondiale, à l'Organisation Internationale de la Francophonie, pour leur demandés de
suspendre toutes coopérations avec ce régime!


Benam Alphoonse 14/05/2011 12:39


Mes chers compatriotes, l'avidité du pouvoir rends très souvent les tenants fous, alors si, j'ai un petit conseil à vous donner, c'est que le dialogue ne fais pas des morts, même si les vérités
sont choquantes, mais sachez que les élections en RCA, ne sont pas acceptées, non seulement par la majorité des centrafricains, à part vous les sbires du KNK, mais surtout par les principaux
bailleurs de fonds et interlocuteurs (communauté internationale), sachez que ce n'est pas seulement le rapport des experts de l'UE, mais aussi de OIF et autres ONGs africaines, donc, rien ne coute
plus cher que le dialogue, il faut savoir tenir compte de désirata de cette communauté internationale, souvenez vous de la crise post-éclectorale au Zimbabwe, au Kenya, en Cote d'Ivoire.
La RCA vit grâce aux financements de la communauté internationale, alors, soit vous vous entêtez et dites que l'Impérailiste qui vous dicte des conditions de gestion de votre pays, soit vous vous
METTEZ AU PAS! Sachez que BOZIZE n'est pas militairement, ni financièrement, ni MUGABE, ni GBAGBO, ni KADHAFI
Aussi, sachez que la RCA, n'est pas la propriété des seuls partisans du KNK


Juliette Abandokwe 14/05/2011 01:45


Quel dialogue encore!!

Le rapport de l'UE, avec tous les témoignages corroborant, justifient qu'on annule un scrutin complètement bidon, et qu'on recommence à zéro, avec les garanties nécessaires pour un vote transparent
et respectant la volonté du peuple, sans menaces, pressions en tout genre, et fraudes grossières.

Y a pas besoin d'un dialogue bidon de plus pour obtenir ça. Il faut juste la volonté politique du fraudeur!

Autrement dit, tant que Bozizé s'accroche au pouvoir avec toute l'énergie du désespoir du monde, les dialogues seront inutiles.

On dialogue avec des gens qui savent écouter, on ne peut pas dialoguer avec un sourd, de mauvaise foi en plus!