Emeutes interconfessionelles à Bangui

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

 

Depuis trois jours, les troisième, cinquième et sixième arrondissements de Bangui sont en proie à de violents heurts opposants des chrétiens et des musulmans. Tout a commencé mardi avec la découverte de deux cadavres d'enfants bâillonnes et ligotés dans la concession d'un musulman centrafricain nommé Mahamat Ali. Ces deux bambins de 4 et 5 ans avaient été enlevés la veille, en début d'après-midi. Ce sont les employés de maison de Mahamat Ali qui ont alerté le voisinage à la suite du décès des enfants, dont l'origine de la mort reste à déterminer par une autopsie.

 


 Immédiatement, les habitants du Km5 (quartier comptant une forte proportion de musulmans et de personnes d'origine tchadienne) ont convergé vers la demeure de l'assassin pour se faire justice eux-mêmes. Fort heureusement, la gendarmerie avait arrêté auparavant le coupable, le sauvant d'une mort certaine. Sa demeure et son véhicule de type Toyota Rav4 ont toutefois été incendiés. Aveuglés par la haine, les chrétiens du Km5 ont ensuite mené des expéditions punitives contre les musulmans, expéditions punitives qui ont coûté la vie à sept personnes de confession musulmane. Le quartier s'est littéralement embrasé et il a fallu l'intervention de l'armée pour mettre fin au désordre. Quant au Ministre de l'Administration du Territoire, le Pasteur Josué Binua, il a réuni dans ses bureaux les principales autorités religieuses de la capitale pour les convaincre de ramener à la raison leurs ouailles.

 

Suite à des pillages contre des mosquées, des commerces et des habitations, un couvre-feu a également été instauré dans les trois arrondissements de Bangui soumis à des troubles. Ce matin, le calme semble être revenu et les habitants vaquent à leurs occupations, les commerces ayant réouvert. Une délégation tchadienne conduite par le fils d'Idriss Déby, Zakaria, est également arrivé à Bangui pour s'entretenir avec le gouvernement centrafricain des derniers événements qui ont touché nombre de ressortissants tchadiens résidants en RCA. Toutefois, il convient de ne pas porter de jugement trop hâtif sur la mésentente entre chrétiens et musulmans. S'il existe bel et bien une incompréhension mutuelle, les émeutes du Km5 sont plus à imputer à des personnes en quête de rapines qu'à une haine réciproque entre chrétiens et musulmans. Comme souvent à Bangui, la moindre petite incartade est l'occasion pour certains de se remplir les poches par le truchement de pillages. Il n'en reste pas moins que la communauté musulmane regorge de vitalité, notamment en matière commerciale, et sa mise au ban de la nation serait fort dommageable à l'économie de la République Centrafricaine.

 

Sara Pendéré

Rédaction Centrafrique En Ligne

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Réne BARA 03/06/2011 22:42


Quelle honte pour vous les partisans du KNK, comment pouvez vous expliquer, que pour resoudre un problème de crimes, commis par un ressortissant étranger, il faut faire venir les Ministres du pays
de l'assassin, pensez vous qui si, s'étais un centrafricain, qui avait tuer des enfants au Tchad, les autorités tchadiennes, allaient faire appel, aux autorités centrafricaines ? Pourquoi, cette
impuissance, à faire respecter nos lois et nos institutions par des étrangers établis, sur notre territoire ?
Comment BOZIZE peut-il dire qu'il est Président alors que pour des crimes commis par les tchadiens, il doit demander l'aide du Tchad ? Sommes nous libres vis à vis des militaires tchadiens
actuellement en RCA, car je constate que BOZIZE a peur !
J'appelle la jeunesse centrafricaine à cesser de détruire les biens des musulmans, ni de les pourchasser, la responsabilité pénale est individuelle, en plus tout musulman, n'est pas forcement
tchadien, aussi les lieux de cultes sont sacrés, arrêteons de bruler, ces temples, la RCA est un pays de paix, pardonnons ceux qui nous ont offensés.