EXCLUSIF : Birao libérée !

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Birao outragée ! Birao brisée ! Birao martyrisée ! Mais Birao libérée... Il y a un peu plus d'une heure, la ville de Birao (plus grande ville du nord de la République Centrafricaine, près de la frontière du Tchad et du Soudan) a été reprise par l'armée régulière centrafricaine et les rebelles ont été mis en déroute. Après deux jours de combats acharnés, les vaillantes troupes centrafricaines ont réussi à déloger une coalition de mercenaires regroupant pêle-mêle des rebelles soudanais, tchadiens et quelques opportunistes centrafricains de la CPJP prêts à tout pour s'emparer du pouvoir. La population, quant à elle, a subi les terribles exactions de ces hommes sans foi ni loi : viols, meurtres, pillages, autant de traumatismes que les habitants du chef-lieu de la préfecture de la Vakaga mettront longtemps à effacer de leur mémoire. 

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Mais aujourd'hui, malgré cette victoire à la Pyrrhus, le coeur des centrafricains ne peut s'empêcher de saigner. A quelques jours des célébrations du cinquantenaire, ce sont des dizaines de nos frères et de nos soeurs qui ont perdu la vie, victimes de la démence sanguinaire de quelques étrangers avides de richesses. Les rebelles, quand ils ont jeté leur dévolu sur Birao, ont-ils pensé un seul instant à tous ces enfants qu'ils allaient rendre orphelins en tuant leurs parents ? Ont-ils simplement songé à toutes ces femmes pour qui, désormais, la vie ne sera plus la même lorsqu'ils l'auront souillé ? Ont-ils une seule seconde réfléchi aux conséquences de leurs actes, aux familles entières qu'ils allaient priver de chef ? Non, ils ne l'ont pas fait. Tels des chiens atteints de rage, ils se sont jetés sur cette ville martyre pour la déposséder de tout ce qu’elle possédait, y compris son âme.

Et que dire... Oui, que dire face à la souffrance inouïe des familles des soldats qui sont partis libérer la ville et qui, jamais plus, ne reviendront ? Juste ceci, peut-être que cela n'atténuera pas votre peine, mais sachez que vos maris, vos pères et vos frères sont morts en héros. La cocarde du courage et de l'honneur sera à jamais reliée à votre nom et personne, surtout pas vos enfants, n'oublieront leur sacrifice. Ils sont tombés au champ d'honneur pour une cause qu'ils estimaient plus inestimables que la vie même. Ils se sont écroulés sous les balles de l'ennemi car ils ont décidé qu'il était plus honorable que la République Centrafricaine vive debout au lieu de se vautrer dans la fange de l'asservissement. Si nos morts nous regardent depuis là-haut, qu'ils soient rassurés : nous n'oublierons jamais leur visage, le peuple centrafricain n'oubliera jamais ces journées de novembre où nos soldats se sont levés pour dire non à l'injustice, non à l'arbitraire et non au chaos. Quant à nous, nous qui sommes vivants, nous qui possédons la double cocarde, nos yeux, nous qui voyons encore le soleil, sachez que nous ferons tout pour que nos frères ne soient pas passés de l’autre côté du miroir de la vie en vain. 

Puisque les rebelles ne veulent pas de la paix, alors nous leur ferons la guerre. Jusqu'au dernier, nous les traquerons et s'ils ne veulent pas déposer les armes, alors nous les enverrons ad patres. A ces mercenaires qui ont fait prisonnier les héroïques soldats centrafricains de la garnison de Birao (dont le Commandant Serge Dibert), bientôt, très bientôt, nous vous rattraperons. Votre hégémonie s'écoule aussi vite que la vasque percée des Danaïdes. Un jour, les rébellions appartiendront à une époque révolue. Un jour, ceux qui veulent mettre la République Centrafricaine à genoux n'auront plus droit de citer. Un jour, les populations du nord du pays de Barthélémy Boganda vivront sans crainte dans la félicité. Un jour enfin, chaque centrafricaine et chaque centrafricain pourra contempler, flottant au dessus du drapeau de notre pays, la blancheur immaculée de la colombe de la paix et se sentira fier de la grandeur de sa patrie…

 

A nos morts, civils ou militaires, qu’ils puissent reposer en paix et que la terre leur soit pour toujours légère…

 

Sara Pendere

 

Rédaction Centrafrique En Ligne

Publié dans EDITORIAL

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