Guy Simplice Kodégué : le baron de Münchhausen centrafricain

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

En des temps reculés vécut un Homme dont les élucubrations n'eurent d'égales que l'extravagance. Le baron Karl de Münchhausen (1720-1794), mercenaire prussien ayant combattu au service de l'impératrice russe Catherine II, gagna le surnom de « Baron du Crac » en développant une propension extraordinaire à la mythomanie. Dans ses mémoires, ce fabulateur de génie raconta très sérieusement qu'il s'était rendu sur la  lune à l'aide d'un boulet de canon et y aurait dansé avec la déesse Vénus. Visiblement, à l'aune du XXIème siècle, ce fumeux personnage semble avoir fait des émules, y compris au coeur du continent africain...

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En République Centrafricaine, un de ses épigones remarquables s'appelle Guy Simplice Kodégué. Il exerce par ailleurs la fonction de porte-parole de la coordination de soutien à Feu Ange-Félix Patassé. Ce parvenu, après avoir mené durant de longues années une vie oisive en France (à Angers, plus précisément), s'est autoproclamé héritier du « Barbu National ». Avec force de communiqués et de déclarations intempestives, cet Homme fait des mains et des pieds pour s'imposer au sein de la classe politique centrafricaine. Tentant d'écarter un à un les compagnons historiques de Patassé (Sosthène Guétél Dilamkoro en tête), Guy Simplice Kodégué s'affirme par son machiavélisme et son opportunisme comme un opposant majeur mais peu crédible au gouvernement de François Bozizé.

 

Et ce n'est pas tout... Si nous ne saurons dénier à Simplice Kodégué le droit de critiquer le régime en place, le diffamer est une toute autre chose. Et c'est justement dans cet art que le porte-parole de la coordination de soutien à Patassé semble exceller. En mars déjà, par le truchement d'un communiqué, il avait fait la part d'un prétendu projet d'enlèvement le concernant, qui aurait été initié par plusieurs éléments de la garde présidentielle. Vendredi dernier, alors que la place mortuaire de son père spirituel battait son plein dans le quartier Fouh, Guy Simplice Kodégué, a violemment vitupéré contre François Bozizé sur RFI, l'accusant d'avoir directement assassiné Ange-Félix Patassé. Faisant fi de toute décence, il a foulé au pied l'union sacrée qui s'était dessinée autour du cercueil de l'ancien Président de la RCA, le Président Bozizé présentant même ses excuses pour avoir retardé la sortie du territoire de Patassé vers la Guinée-Equatoriale. Hier encore, juste après que ce dernier ait été porté en terre, le porte-parole Kodégué s'est battu avec un élément du BPSI (garde présidentielle) après un différent routier. Son mauvais génie a alors transformé cet incident bénin en agression à caractère politique.

 

Profitant de la tribune inespérée que lui offre la disparition de Patassé, Kodégué tente de s'ériger en martyr de la démocratie centrafricaine. Multipliant les affabulations, il fait tout sauf honorer la mémoire de celui qui lui avait fait confiance lors des dernières années de sa vie. Mais, malheureusement pour lui, Simplice Kodégué n'est l'égal ni de Mehdi Ben Barka, ni de Patrice Lumumba. Plus encore, la République Centrafricaine n'est pas une dictature à l'image du Maroc d'Hassan II ou du Zaïre de Mobotu. L'opportunisme et la mythomanie n'ont jamais conféré l'étoffe dans laquelle on taille les Grands Hommes. A bon entendeur, salut !

 

Robert Wali

Rédaction Centrafrique En Ligne

 

 

 

 

Publié dans EDITORIAL

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