Hommage au Capitaine Lakouama, assassiné par les rebelles lors de l'attaque de Birao

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

En ce mercredi 24 novembre 2010, un ouragan de fer et de feu s’est abattu sur la ville de Birao. Innocents civils et vaillants soldats de l’armée centrafricains, tous ont été pris à parti par des mercenaires venus créer l’incurie sur le territoire centrafricain pour le compte de on-ne-sait quelle obscure force subversive. La garnison des FACA (Forces Armées Centrafricaines) de Birao a été particulièrement touchée par l’attaque, qui a vu des centaines d’hommes l’assiéger, avides de pillages et de sang. Depuis deux ans, le Capitaine Achille Lakouama était affecté à Birao. Depuis plus de vingt-quatre mois, ce généraliste de formation officiait en tant que médecin référent des FACA et du BPSI (Bataillon de Protection et de Sécurité des Institutions, garde présidentielle) dans la deuxième région militaire de Birao. Il y soignait consciencieusement les blessés, à la fois civils et militaires, victimes de la terrible guerre de harcèlement menée par des mercenaires sans foi ni loi. A la suite de l’assaut de la base qui a vu les FACA résister jusqu’au bout face à une force supérieure en nombre et en armement, le Commandant est tombé les armes à la main, en authentique héros. A en croire les militaires centrafricains qui ont combattu avec lui ce matin-là, il a été personnellement pris pour cible par les assaillants, comme si ceux-ci avaient eu la ferme intention de l’abattre. Son trépas ne serait donc pas dû à l’aveugle carnage qu’ont provoqué les rebelles en tentant de s’emparer de Birao, mais bien à une attaque ciblée le visant, lui et personne d’autre, dans son intégrité physique.

 

De sources concordantes, nous avons également appris que son meurtre aurait été téléguidé depuis Paris par les représentants de cette coalition de mercenaires en exil (CPJP, COL du « Capitaine » Joachim Kokaté, FRN). Ceux-ci, parmi lesquels quelques médiocres oisifs ayant échoués à l’ESFOA (école de formation des officiers centrafricains, actuellement dirigé par le Colonel Thierry Lengbé) ou encore aux concours de l’administration centrafricaine, nourrissaient une haine sans mesures à l’égard du Capitaine Lakouama, à celui qu’ils considéraient comme un intime du Chef de l’Etat. Agris, emplis de rancœur et d’aversion, ces arrivistes auraient commandité auprès de leurs soudards cette basse besogne.

 

Le bon sens commun proclame que le bourreau tue toujours deux fois, la première fois par la hache, la seconde fois par l’oubli. Mais, nous, n’en déplaise à ses assassins, nous n’oublierons pas le Capitaine Lakouama. Ni les anciens enfants de troupe (AET) qui sont légions au sein de l’armée centrafricaine et avec qui il a passé son enfance ainsi que les primes années de sa vie d’Homme, ni ses camarades de la Faculté des Sciences de Bangui ; encore moins les hommes du BPSI dont il a assuré le suivi médical au Camp de Roux pendant de nombreuses années et surtout pas sa famille, ses proches, bref tous ceux qui l’aimait, le respectait. Pas un n’oubliera quel Homme fut le Capitaine Lakouama et avec quelle dignité il honorait ses fonctions de père de famille et d’officier supérieur de l’armée centrafricaine. Tombé au champ d’honneur, il repose désormais au panthéon des martyrs centrafricains morts pour le salut de leur patrie. Quant aux rebelles, ses bourreaux, tel le Raskolnikov de Crimes et châtiments, ils ne connaîtront pas de répit. Leur traque sera impitoyable, leur capture on-ne-peut-plus rapide. Si des responsables de son décès se trouvent à l’étranger et plus particulièrement en Europe, la justice du pays qui les héberge sera saisie sans délais. Le glaive de la justice des Hommes s’abattra alors sur eux et si, par malheur, ils échappent aux autorités de Bangui, un jour ou l’autre, ils connaîtront une toute autre sorte de justice, qui, elle, sera autrement plus sévère. Car nul ne pourra jamais leur pardonner d’avoir mis fin aux jours d’un médecin dont le seul but dans l’existence avait été de rendre la vie à tous ceux qui étaient sur le point de la perdre.

 

A sa famille et à ses amis, la rédaction de Centrafrique En Ligne présente ses condoléances les plus attristées,

 

Jonas Abbo Tshipopo

Rédaction Centrafrique En Ligne

Publié dans NECROLOGIE

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