Il faut sauver les entreprises centrafricaines !

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

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S.E. Monsieur le Ministre Kotayé, Ministre en charge de la Promotion des PME-PMI, du secteur informel et du guichet unique

 

 

 

Il est indéniable que le secteur des PME-PMI (Petites et moyennes entreprises - Petites et moyennes industries) est un des piliers de la vitalité économique d’un pays. Et il faut dire qu’en Centrafrique, ce secteur, bien qu’existant, est encore peu formalisé et souffre essentiellement d'un obstacle majeur : la définition par le cadre législatif d’une PME-PMI. En effet, aucun gouvernement ne s’est attelé pour l’heure à promulguer un ensemble de lois définissant et réglementant les PME/PMI. Le rapport de décembre 2005 produit par la DGDI (Direction Général du Développement Industriel) et s’intitulant « Aperçu Général des PME/PMI en Centrafrique » propose de limiter les PME/PMI à une taille comprise entre cinq (5) et cent (100) personnes ainsi qu’à un chiffre d’affaires inférieur ou égal à cinq-cents millions CFA (500.000.000) par an.

Une fois ce travail de définition effectué par le législateur, il s’agit ensuite de procéder à une autre tâche, non moins ardue : la formalisation de toutes les PME/PMI se tapissant dans l’ombre du secteur informel. En outre, il faut effectuer un travail important de communication auprès des ces PME/PMI non formalisées : il conviendrait de les amener à comprendre que la formalisation n’est pas forcément synonyme de charges supplémentaires en terme d’impôts, mais aussi une chance d’obtenir une aide financière ou technique de l’Etat pour favoriser son développement ou sa survie en temps de crise. Mais pour cela, l’Etat se doit de se donner les moyens de créer une véritable politique de soutien aux PME/PMI, et particulièrement celles qui sont détenues par des investisseurs centrafricains. Deux idées cadres pourraient se révéler intéressantes :

  • Premièrement, la mise en place d’un fond - financé par l’Etat et certaines organisations sous-régionales ou internationales type Banque Mondiale, FMI, BDEAC et BAD- dont le rôle sera double. Pour une part, il sera destiné à accorder des crédits aux investisseurs industriels potentiels. Il convient ici de tirer les leçons de l’échec du PARDEP et des insuffisances criantes du FAGACE, où les conditions d’accès aux crédits étaient quasiment impossibles à remplir, ce qui décourageaient rapidement les investisseurs, nationaux ou non. D'autre part, il sera dévolu à accorder un relais de trésorerie aux PME/PMI en temps de crise. On pourra ici s’inspirer du fond créé par la BAD dernièrement pour soutenir les Etats en rupture de trésorerie à cause de la crise financière. En effet, les PME/PMI ont été les plus fragilisées par la crise mondiale de la fin 2008 et un soutien de trésorerie remboursable à long terme aurait permis de sauver bon nombre de PME/PMI centrafricaines de la faillite. A défaut de la mise en place de ce fond, l’Etat devrait garantir les prêts faits par les banques de second rang ou les banques d’investissement aux PME/PMI, dans une certaine limite, et inciter ainsi les dites banques à accorder plus de crédits aux PME/PMI.

  • Deuxièmement, la reconstruction de la CAPMEA (Centre d’assistance aux petites et moyennes entreprises et à l’artisanat en Centrafrique), dont l’activité s’est interrompue à la suite des événements du début des années 2000. Placée sous la direction du Ministère du Commerce et de l’Industrie, elle sera très utile pour épauler techniquement les PME/PMI et assurer la promotion de ces dernières sur le plan national, sous-régional et international. Cette mesure permettrait la création d’un organisme se focalisant uniquement sur les PME/PMI qui demeurent pour l’heure égarées dans la masse des plus grandes entreprises à la Chambre du Commerce et de l’Industrie.

Par ailleurs, il est essentiel pour les pouvoirs publics de savoir manier avec dextérité « la carotte et le bâton » dans cette affaire. Autant l’Etat se doit de porter secours aux PME/PMI, mais il faut que les entreprises se montrent transparentes dans leur comptabilité et dans la déclaration de leur personnel, afin qu’elles ne perçoivent une quelconque aide dans le cas où elles ne cadreraient pas avec la définition légale d’une PME/PMI. Le contrôle fréquent et inopiné des PME/PMI répertoriés par les agents de la fonction publique est un contrepoids indispensable à l’assistance fournie par l’Etat à ces mêmes entreprises.

Il est impératif de créer à court terme un cadre de concertation et d’assistance aussi bien technique que financière entre les pouvoirs publics et le secteur des PME/PMI, souvent trop isolé. L’affirmation d’un cadre intégré entre l’Etat et les PME/PMI formalisées serait bénéfique pour la dynamisation de l’économie de la nation.

 

Sarah Pendéré

 

Rédaction centrafriquenligne.com

Publié dans EDITORIAL

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