Khartoum-N’djamena : “Ground Zero”

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Milice_Deby.jpgVa-t-on vers une escalade militaire au Soudan ? Les relations tchado-soudanaises ont, en effet, connu de nouvelles tensions après les accusions communes de non-respect de l’accord militaro-sécuritaire signé il y a un an. Il semble que la visite du président soudanais au Qatar, le week-end dernier, a eu pour but d’expliquer la position de son pays à l’émir du Qatar, qui a dirigé la médiation entre les deux pays.

Dans le même temps, la situation militaire a connu une dégradation au Darfour entre les forces du JEM (Justice and Equality Movement) et l’armée soudanaise, posant des interrogations sur le rôle de la Libye. En effet, Tripoli a donné refuge au chef du JEM, Khalil Ibrahim, depuis son expulsion de N’Djamena en mai 2009. Les forces du JEM circuleraient, depuis le début de la semaine, à bord de 220 véhicules 4x4 bien armés. Et les opérations militaires ont gagné les régions voisines de Kordofan. Ce qui n’est pas sans rappeler l’attaque menée par le JEM contre la capitale soudanaise en mai 2008.

Khartoum prend donc au sérieux la possibilité d’une nouvelle attaque sur la capitale, à soixante jours de la date du référendum d’autodétermination au Sud Soudan prévu en janvier 2011. Un contexte qui attise les crispations. Selon N’Djamena, Khartoum n’a pas respecté ses engagements, notamment en ce qui concerne l’expulsion des chefs de l’opposition et le démantèlement de ses forces militaires stationnées au Soudan. Les Tchadiens accusent les services de renseignement soudanais de maintenir la force de frappe de l’opposition et ses leaders militaires dans des camps transférés au Sud du Darfour et dans le Nord du Centrafrique. Ils considèrent comme un leurre l’expulsion de quelques leaders politiques de l’opposition tchadienne au Qatar et le transfert de quelques centaines de soldats de l’opposition à l’intérieur des frontières tchadiennes.

Les Tchadiens pensent que le conflit à l’intérieur des services de renseignement à Khartoum, sur la conduite du dossier des relations avec le Tchad, est un obstacle à la normalisation. Vu de Khartoum, les combats dans les zones de Buba et de Fourawia avaient pour but d’empêcher les infiltrations des éléments du JEM du Tchad vers le Soudan. Ce dernier accuse le président Déby, sous la pression des Zagawas, d’avoir intégré une partie des forces du JEM dans les gardes républicains tchadiens, pour contourner leur extradition vers le Soudan. Par ailleurs, Khartoum suit avec inquiétude les contacts entre le gouvernement ougandais et le Sud Soudan avec les rebelles du Darfour, à quelques mois du référendum. Pour les Ougandais, il s’agit d’une réponse à l’attitude soudanaise vis-à-vis du LRA (Lord Resistance Army). Si certains redoutent la “somalisation” du Soudan, d’autres parient sur une réaction interne pour remettre les pendules à l’heure.

 

Source : TTU

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