L'inacceptable ingérence de RFI dans les affaires électorales centrafricaines

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Intolérable. Littéralement dégoûtant. Digne d'un néo-colonialisme des plus rétrogrades. Ainsi peut-on qualifier les propos de RFI, radio publique française à vocation internationale (dirigée par Christine Ockrent, par ailleurs femme de l'ancien ministre français Bernard Kouchner), sur le processus électoral centrafricain. Jugez plutôt : « Sur les 4 618 bureaux de vote installés à travers tout le pays, la Commission électorale indique dans son tableau récapitulatif avoir compilé les résultats de 3 356 bureaux. 1.262 bureaux de vote n'ont donc pas été comptabilisés, ce qui peut représenter entre 400 et 500 000 voix. »

 

Ces lignes sont signées Carine Frenk, véritable dinosaure de la maison RFI. Célèbre pour avoir réalisé une interview de Thomas Sankara où elle se permettait de lui couper la parole intempestivement, cette journaliste s'est déjà distinguée pour ses prises de positions paternalistes envers le continent africain. La République Centrafricaine ne trouve pas grâce à ses yeux. Pour le cinquantenaire de l'indépendance du pays de Boganda, Carine Frenk avait peint une République Centrafricaine au vitriol, bien loin des réalités s'écoulant sur les bords du fleuve Oubangui. Erigeant la partialité au tabernacle de son métier de journaliste, elle a pris fait et cause pour l'opposition, qu'elle fréquente assidûment, de Martin Ziguélé à Emile Gros Raymond Nakombo.

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Revenons au fond de sa brève en date du samedi 5 février 2011, intitulée "Centrafrique : La Commission Electorale n'a pas fait le plein de votes". Dans son article, la journaliste de RFI accuse le gouvernement centrafricain d'avoir empêcher l'ouverture de plus d'un quart des bureaux de votes, principalement dans la région du nord-est (qu'on peut assimiler aux préfectures de la Vakaga, du Bamingui-Bangoran et peut-être de la Haute-Kotto). Si des bureaux de vote ont pu ne pas remplir leur rôle (et ils sont très loin des 27% annoncés par Carine Frenk), la faute en est à imputer à la rébellion de la CPJP, qui fait régner la terreur de ces régions reculées du pays. L'armée centrafricaine a tout fait pour faire respecter l'ordre et permettre aux électeurs d'effectuer leur devoir de citoyen, mais dans certains cas, ce fut mission impossible tant la main-mise criminelle de ces mercenaires reste importante. Deuxième objection à la brève de RFI : si le gouvernement centrafricain avait voulu organiser une fraude à grande échelle, il ne l'aurait sans doute pas fait dans le nord-est du pays, où la majorité de la population est acquise au Président Bozizé, mais bien dans le nord-ouest, fief de l'opposition. Or, dans les préfectures de la Mambere-Kadeï, de l'Ouham-Pendé ou bien encore de l'Ouham, très peu d'irrégularités ont été constatées lors du vote du 23 janvier.

 

Enfin, l'observateur averti de la politique centrafricaine pourra s'interroger sur la validité des sources évoquées par Carine Frenk. Alors même que le premier des élections législatives et présidentielles a été validé conjointement par l'Observatoire National des Elections, l'UA et l'OIF, la journaliste française aurait récolté des informations que les observateurs n'auraient pas eu en leur possession, malgré l'arsenal de surveillance déployé lors des élections, y compris dans le nord-est. D'où le peu de crédit qu'on peut accorder à « la source gouvernementale » de Carine Frenk. En conclusion, il nous faut affirmer tout de go qu'il conviendrait donc que la journaliste de RFI se départisse de toute collusion avec telle ou telle partie impliquée dans la question centrafricaine et présente les événements en connaissance de cause pour ne pas induire en erreur ses auditeurs. La liberté de la presse n'autorise pas pour autant la diffamation et les avanies infondées. La République Centrafricaine n'est pas le Côte d'Ivoire et aucun centrafricain n'acceptera une ingérence médiatique de nature à dévoyer la volonté du peuple de RCA, qui a choisi François Bozizé comme président à une écrasante majorité. Heureusement, chacun peut compter sur la Cour Constitutionnelle pour rétablir le processus électoral dans son bon droit et laver définitivement le gouvernement de ces accusations éhontées.

 

(Retrouvez l'article de Carine Frenk sur le site de RFI en cliquant ICI)

 

Robert Wali

Rédaction Centrafrique En Ligne 


 

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