L'opposition (enfin) prête à aller aux élections ?

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

Ziguele-Martin-conf.jpg« Nous prenons acte de la nouvelle date des élections fixée par la Commission Electorale Indépendante. Seulement, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) est prêt à aller à ces élections, si toutes les conditions préalables sont réunies ».

C'est par ces mots que le leader du MLPC, Martin Ziguélé, s'est résigné à cesser d'entraver le bonne tenue des élections, enfin persuadé que l'intérêt de sa patrie, le bien-être de la majorité primait sur les manoeuvres machiavéliques d'une minorité. Le gouvernement centrafricain, par la voix de son porte-parole Fidèle Gouandjika, s'est réjoui de cette avancée et a réaffirmé que le président Bozizé n'avait jamais cessé d'exprimer le souhait de voir un nombre élevé de candidats à la présidentielle du 24 octobre. Deux raisons motivaient ces déclarations incessantes : premièrement, et ce en démocrate convaincu, il a toujours voulu l'organisation d'élections libres et transparentes au sein de sa patrie, conciliant au mieux les termes du mandat présidentiel (qui prit fin le 11 juin dernier) et le problème sécuritaire vis-à-vis des élections (le processus DDR n'est toujours pas achevé). La seconde est que la présence de candidats tels que l'ancien premier ministre Martin Ziguélé ne donnerait que plus d'éclat à sa victoire future.

Quant au MLPC, il semble en avoir terminé avec sa couardise coutumière.Il ne sert à rien de se dissimuler dans le confort douillet d'un exil volontaire (car personne, même l'opposant politique le plus farouche, n'est interdit de séjour en République Centrafricaine) pour critiquer sans cesse le régime. Il ne sied guère à un parti digne de son nom de prostituer sa réputation en se confinant à la paranoïa et à la diffamation. Enfin, il est indécent de clamer tout de go l'illégitimité du président François Bozizé Yangouvonda sans subir soi-même la dure et juste réalité des urnes, que le MLPC n'a cessé de tenter d'éviter depuis lors, au détriment de la sérénité des centrafricains.

Espérons simplement que cet acte de bonne foi du candidat Martin Ziguélé ne sera pas suivi d'une énième volte-face qui enfonçerait un peu plus la République Centrafricaine dans les affres de la "gbagboïsation". Souhaitons ingénuement que les autres partis de l'opposition, et notamment la coalition de l'UFVN (Union des Forces Vives de la Nations) de M. Pouzère, saurons faire preuve d'autant de clairvoyance que la direction du MLPC. Pour conclure, ne cessons de réclamer à corps et à cris l'achévement du processus DDR dans les plus brefs délais, ce qui ne dépend que de la bonne volonté des mouvements politico-militaires (notamment celui de Jean-Jacques Demafouth, l'APRD), afin que la République Centrafricaine puisse s'extirper de cette impasse constitutionnelle, afin que les centrafricains puissent exercer le 24 octobre prochain leurs droits d'électeur dans le climat le plus sain.

Robert Wali 

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