La communauté internationale veut-elle vraiment des élections en Centrafrique ?

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

La tenue des élections législatives et présidentielles en le 23 janvier prochain est-elle menacée ? Pour sûr, si on s’en réfère seulement à l’attitude des organismes internationaux et notamment le PNUD qui n’a de cesse de pourvoir au ralentissement du chronogramme électoral. Il faut toute l’opiniâtreté du gouvernement centrafricain et des efforts financiers considérables de la part de ce dernier pour que le recensement électoral puisse se dérouler dans des conditions à peu près normales dans toutes les préfectures du pays ainsi que parmi la diaspora. De son côté, la communauté internationale refuse toujours de décaisser le moindre centime (à l’exception de l’Union Africaine qui a fait don de 50 Millions de Francs CFA récemment à la CEI, la Commission Electorale Indépendante), arguant que le processus électoral ne se déroulerait pas dans la transparence la plus totale et qu’une grande majorité des fonds déjà alloués à l’organisation des élections en RCA auraient été détournés.

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La communauté internationale a-t-elle raison ? Pour une part, et une petite part seulement, oui. Car une large portion des 3,5 milliards de Francs CFA (près de 5 millions d’euros), déjà décaissés par l’Etat centrafricain et la communauté internationale à la CEI pour l’organisation des élections depuis novembre 2009, s’est évaporée dans la nature, du fait des reports successifs d’élections initialement prévues pour le début de l’année 2010. Rappelons tout de même à nos lecteurs que la CEI n’est pas uniquement composé de membres de la majorité KNK mais aussi pour une large part de représentants de l’opposition, qui détiennent une part éminente de responsabilités dans ces prévarications de grande ampleur.  Il a fallu l’intervention tonitruante du président François Bozizé pour faire cesser cette incurie et nombre de représentants de la Commission Electorale Indépendante (CEI) furent remplacés par de nouvelles têtes à la moralité irréprochable. L’arrestation pour malversations de Thomas Zadanga, trésorier général de la CEI, est un nouvel exemple donné par le gouvernement de sa volonté d’éradiquer le détournement d’argent au sein de la CEI. Depuis lors, la CEI semble fonctionner à merveille sous la férule de Joseph Binguimalé et le recensement paraît se dérouler dans des conditions optimales, si l’on excepte le manque de coopération de la communauté internationale dans le déroulement des opérations.

Car il est indubitable que les fautes passées de la CEI ne doivent pas condamner les centrafricains à une nouvelle année sans élections. En effet, il apparaît de jour en jour plus distinctement que des organisations internationales telles que le PNUD cherchent à faire reporter coûte que coûte des élections dont le premier rendez-vous est prévu le 23 janvier 2011. A force de déclarations vindicatives et de décisions unilatérales combinées à un refus d’honorer ses promesses de dons, le PNUD, par la voie de son représentant en RCA Bo Schack, tente de jeter l’opprobre sur le gouvernement centrafricain ainsi que sur la CEI en leur faisant incomber la responsabilité d’un éventuel énième report des élections en République Centrafricaine. Lors d’une conférence de presse organisée le 25 septembre dernier à Bangui, Joseph Binguimalé, lassé des insanités paternalistes prononcées par le représentant du PNUD, a menacé de démissionner si les Nations Unies continuaient à mettre des entraves au chronogramme électoral censé atteindre son paroxysme avec le premier tour des élections le 23 janvier prochain. Il est désormais clair que la communauté internationale ne prête pas grand intérêt au cas de la République Centrafricaine et prétend même s'ingérer dans ses affaires intérieures en la maintenant dans un état démocratique précaire. Pourtant, le recensement électoral se poursuit avec rapidité et  il apparaît désormais inéluctable que la marche vers la démocratie entamée par le peuple centrafricain dès 2005 va se poursuivre au début de l’année prochaine et que rien, pas même les réticences hypocrites de la communauté internationale, ne pourront empêcher le gouvernement centrafricain d’organiser en temps et en heure des élections capitales pour l’avenir du pays.

 

Jonas Abbo Tshipopo

Rédaction centrafriquenligne.com

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