La Cour Constitutionnelle recale quatre députés

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Non, et deux fois non plutôt qu'une, la Cour Constitutionnelle de RCA n'est définitivement pas une poupée de cire brûlant sur l'autel du parti au pouvoir. Ses dernières décisions en sont la preuve flagrante. Ceux qui préjugeaient un peu trop vite du manque d'indépendance de cette vénérable institution devraient tourner dorénavant sept fois leur langue dans leur bouche avant de porter quelque jugement péremptoire. En effet, dans la journée d'hier, la Cour Constitutionnelle a invalidé les résultats de quatre circonscriptions, après avoir constatée de multiples irrégularités dans le déroulement des opérations de vote. Parmi ces circonscriptions, on trouve celle de Kabo (préfecture de l'Ouham), où le Colonel Jean Francis Bozizé, Ministre Délégué à la Présidence de la République en charge de la Défense Nationale et fils du Chef de l'Etat, avait été élu avec 52 % des suffrages dès le premier tour. Ici comme dans le cinquième arrondissement de Bangui, à Bayanga et à Bossangoa, tout est à refaire. La date de ces législatives partielles (car ne concernant que quatre postes à la députation) sera bientôt communiquée par la Commission Electorale Indépendante (CEI).

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Quelle analyse faire de ce recadrage électoral plutôt inattendue de la part de la Cour Constitutionnelle et de ses neuf juges ? Faut-il y voir une preuve du dynamisme de la vie démocratique centrafricaine ou au contraire, une manoeuvre de politique politicienne destinée à affaiblir tel ou tel membre du parti ou pouvoir ? Réduire notre analyse à la deuxième hypothèse serait quelque peu manichéen, d'autant que ces annulations concernent directement des caciques unanimement respectés au sein du KNK comme le Colonel Bozizé ou Serge Mayer. N'en déplaise aux plus sceptiques, il ne convient néanmoins ni de condamner l'ensemble du processus électoral, ni de vouer ces personnalités aux gémonies. Leur engagement pour le pays, leur droiture et leur dignité ne sauraient être mis en doute. Les irrégularités constatées ont souvent été le fruit d'une série de dysfonctionnements dans la mise en oeuvre des recommandations de la CEI, et non une volonté délibérée de frauder le verdict des urnes. Quoi qu'il en soit, de nouveaux scrutins seront organisés dans ces quatre circonscriptions et au regard du monde entier, nul doute que ces quatre candidats à la députation seront en mesure de conquérir une nouvelle fois le siège que leur était promis. Dans la transparence la plus totale, bien entendu...

 

Sara Pendéré

Rédaction Centrafrique En Ligne

Publié dans EDITORIAL

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