La vérité sur la manifestation du 8ème arrondissement de Bangui

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

P4.jpg

Antagonisme radical. Tel est l’expression qui nous vient à la bouche lorsqu’on s’attarde sur deux affaires pourtant si étroitement liées. D’un côté, il y a l’abject, l’horreur, le paroxysme de l’immonde réuni dans le for intérieur d’un Homme. De l’autre côté, il y a une institution que cette homme a représenté qui est prise à partie, malmenée, vilipendée. Dans un premier temps, il y a le meurtre impardonnable d’un jeune homme, qui tentait tant bien que mal d’aider ses parents en ramassant des sauterelles sur le bord d’une route poussiéreuse de Miskine, dans le 8ème arrondissement de Bangui. Et dans un second temps, il y a ces jeunes émeutiers qui se sont repais de ce symbole pour crier toute leur haine face à l’autorité établie. La distinction se doit d’être évidente et ne saurait souffrir d’un quelconque dévoiement.

Quand, vendredi, un jeune officier fraîchement rentré de formation au Maroc et récemment promu lieutenant dans le BPSI (Bataillon de Sécurité et de Protection des Institutions) est rentré dans un débit de boisson du 8ème arrondissement, rien ne le prédestinait à commettre ce crime odieux. Pourtant, un rien l’a fait basculer dans la folie. Empli d’alcool, il tua un jeune homme au seul motif que celui-ci avait eu l’audace de lui remettre le fruit de son dur labeur. L’officier fut tout de suite mis aux arrêts et le lecteur ne pourra qu’être rassuré lorsqu’il apprendra que celui-ci comparaîtra bientôt devant un tribunal et encourrera une lourde peine pour ses agissements. Le procureur de la République a d’ailleurs déjà ouvert une enquête en réaffirmant au passage que toute la lumière serait faite dans cette affaire.

Le peuple centrafricain doit savoir que le temps de l’impunité est révolu. Nul, pas même au plus haut sommet de l’Etat, ne saurait tolérer de pareils actes, surtout venant d’un représentant de la force publique. La loi du talion sera appliquée et le châtiment du criminel à la hauteur de son geste. Ainsi, et seulement ainsi, l’âme de cet enfant pourra reposer en paix. Mais, il conviendrait ici de ne pas faire d’amalgame. Comme le dit si bien l’adage, l’habit ne fait pas le moine et la grandeur de l’uniforme ne saurait être gage de grandeur d’âme. Nul corps de la société ne peut prévoir à quel moment une brebis s’égarera du troupeau. L’armée n’est donc nullement à remettre en cause dans ce coup de folie, pas plus que dans les événements du lendemain, à savoir la manifestation de jeunes du quartier prétendant venger la mort de leur ami. Nous disons bien « prétendant » car non content d’avoir saccagé le domicile et le bar du militaire incriminé, d’avoir bastonné toute la famille du jeune lieutenant, ces émeutiers se sont retranchés derrière le cadavre de leur camarade pour masquer leur désir de nouveaux casses. Par le truchement de leurs agissements, eux aussi ont sali la mémoire du défunt. Quand ils ont menacé de s’attaquer à d’autres paisibles citoyens pour assouvir leur soif de gains faciles, l’armée n’a fait que son devoir en intervenant pour ramener le calme. Face aux insultes et aux jets de pierre de jeunes enragés, c’est avec professionnalisme que les corps d’élites du BPSI sous le commandement du Colonel Thomas-Théophile Tchimangoua ont évité un bain de sang et ont su ramené la paix dans les cœurs, en tirant en l’air et en procédant à une série d’arrestations parmi les meneurs des émeutiers.

Une dernière interrogation, pour conclure. Quel ce correspondant de l’AFP (Agence Française de Presse), sorte de deus ex machina des temps modernes, qui est subitement sorti du plafond du néant pour écrire un communiqué relatant de façon fallacieuse la manifestation du samedi 13 novembre ? Habituellement, tous les communiqués produits par l’AFP concernant la République Centrafricaine sont écrits à Libreville, capitale du Gabon. Et là, brusquement, une dépêche incriminant les agissements de l’armée centrafricaine lors de la manifestation  survient avec une précision de faits aussi surprenante qu’inexacte, composée avec une partialité pour le moins déconcertante. Cette dépêche semble provenir d’un nouveau correspondant de l’AFP basé à Bangui, qui est, il faut bien avouer, plus habile dans l’art du pamphlet que dans la composition de dépêches censées être neutres. Par ailleurs, aucun témoin présent lors de la manifestation n’a vu ce fameux correspondant, pas plus que les trois blessés qui, selon les dires de notre journaliste averti, auraient été emmenés à l’Hôpital Communautaire, touchés par des tirs des militaires. Nous laissons cette simple évocation des faits à l’appréciation du lecteur. Quoi qu’il en soit, la mort d’un innocent ne saurait souffrir de récupération politique, pas plus que les manifestations de jeunes désoeuvrés qui s’en suivirent. Il nous reste maintenant plus qu’à souhaiter que le coupable de l’assassinant du jeune homme soit puni le plus durement possible, et que ceux qui souvent usent d’amalgames pour incriminer le pouvoir de François Bozizé puissent pour une fois respecter la mémoire du défunt en ne la dévoyant pas à des fins électoralistes.

A bon entendeur, salut !

Jonas Abbo Tshipopo

Rédaction Centrafriquenligne.com

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article