Le changement en RCA passe par la construction du chemin de fer entre Bangui et le Soudan

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

 

A l’heure actuelle, le Soudan et la RCA ont très peu d’échanges commerciaux, si ce n’est un commerce transfrontalier de bétail et de produits de première nécessité. Il n’existe plus de liaisons aériennes directes entre Bangui et Khartoum et les liaisons avec correspondance sont longues et coûteuses (exemple : Tripoli par Afriquiyah Airways). Le transport par la route est interminable et peut se révéler dangereux. En conséquence, peu de personnes se risquent à emprunter cette voie, surtout depuis le raidissement des relations entre le Soudan et la RCA en 2006. Pourtant, le Soudan est un pays à forte potentialité commerciale et développer nos partenariats commerciaux avec ce géant d’Afrique serait un formidable atout pour la RCA. Pour se faire, il conviendrait de créer une voie ferroviaire non-électrifiée entre le port sec de Nyala à l’ouest du Soudan et la ville de Bangui, passant par les régions de la Vakaga, du Kemo-Gribingui, de la Ouaka et de la Haute-Kotto. Cette nouvelle voie de communication entre les deux pays permettrait à la Centrafrique de se désenclaver et de contribuer à atteindre enfin le stade de développement qui lui serait normalement dévolu. 

 

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 Si nous avons développé depuis plusieurs décennies maintenant des échanges commerciaux constants et importants avec le Cameroun, il n’en va pas de même avec le Soudan. Ce dernier,  outre son potentiel agricole et ses hydrocarbures, a développé des liens commerciaux conséquents avec les pays du Golfe et le sous-continent indien qui lui fournissent quantité de produits qui ne sont actuellement pas produits dans la plupart des pays africains (multimédia, électroménager, matériel médical, médicaments génériques, voitures, machines industrielles…). Ces articles transitent notamment par Khartoum avant d’arriver au port sec de Nyala par le rail, d’où les entrepreneurs les vendent dans toute la région du Darfour (qui n’est pas seulement une région du Soudan ravagée par les conflits mais aussi un véritable bassin économique et une zone de chalandise très importante), et même à l’est du Tchad. Par ailleurs, il conviendrait d’ajouter que certains de ses produits nécessitant une technologie avancée sont fabriqués directement au Soudan. La création d’une ligne ferroviaire entre Nyala et Bangui passant par Birao permettrait donc de :

-          Sortir de la dépendance liée aux importations partant d’Europe ou de Chine et qui transitent par le port de Douala au Cameroun et s’orienter vers le Soudan, l’Egypte, l’espace méditerranéen, le Proche et le Moyen-Orient (notamment les pays du Golfe) ainsi que le sous-continent indien. Cette voie ferrée serait aussi une voie plus rapide pour les produits provenant de Chine, du Japon et des quatre dragons asiatiques (Singapour, Taïwan, Hong-Kong, Corée du Sud).

-          Diversifier ses sources d’approvisionnement en hydrocarbures à partir des champs pétrolifères du Darfour.

-          Réduire le coût en RCA des produits multimédia, électroménagers, des véhicules, des machines agricoles… qui proviennent pour l’instant uniquement du continent européen ou de Chine et qui restent inaccessibles à la plupart des centrafricains. Dans le même, le Soudan produit ces articles ou se tourne vers d’autres horizons pour bénéficier de prix très compétitifs sur des biens similaires.

-          Ouvrir de nouveaux horizons à l’exportation pour la RCA, notamment dans le domaine agricole (sésame, manioc, igname, oignon) et pour les industries extractrices.

-          Faciliter la circulation des personnes et des capitaux entre le Soudan et la RCA, ce qui permettra le dépassement des anciennes querelles politiques ou même tribales.

-          Désenclaver ainsi que sécuriser les villes et les régions que le chemin de fer traverse, notamment Birao, Sibut, Bambari et Bria.

En bref, la construction de ce chemin de fer entre la République Centrafricaine et le Soudan est une entreprise certes ambitieuse et coûteuse mais qui se doit d'être réalisée à l'horizon 2020 afin que la RCA ait enfin toutes les cartes en main pour se lancer sur les rails du développement accéléré.

 

Robert Wali

Rédaction centrafriquenligne.com

Publié dans ACTU ECONOMIQUE

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