Le dernier voyage d'Ange-Félix Patassé

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Aujourd'hui, vers 15 heures, à l'aéroport de Bangui M'Poko, l'avion transportant le corps d'Ange-Félix Patassé s'est posé sur le tarmac en provenance de Douala. L'émotion était alors à son comble et des milliers de personnes attendaient pour rendre un dernier hommage à celui qui présida aux destinées du pays pendant une décennie. Unis dans un élan fraternel, dépassant les habituelles querelles de politique politicienne, les membres de la classe politique centrafricaine, opposition et gouvernement confondus, se sont pressés autour de la dépouille de l'ancien Président. Outre le Président François Bozizé et de nombreux membres du gouvernement, les opposants Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé étaient présents. 

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Porté par la garde républicaine en tenue d'apparat, le cercueil du "Petit frère de Jésus" a tout d'abord reçu les honneurs militaires dûs à un ancien Président, avant de quitter l'aéroport pour un dernier tour en ville. Sur le parcours, de l'avenue des Martyrs à l'avenue Koudoukou en passant par l'avenue de l'Indépendance, des centaines de banguissois ont salué la mémoire de cet orateur hors pair et dont la compétence était unanimement reconnue par tous. Demain, vendredi, une veillée mortuaire sera organisée au domicile de AFP dans le quartier Fouh, avant les obsèques nationales prévues samedi toute la journée.

Pour mémoire, rappelons qu'Ange-Félix Patassé a été Président de la République Centrafricaine de 1993, date de son élection au suffrage universel, à 2003, date de son renversement par le Général François Bozizé. Son gouvernement a été marqué par de nombreux troubles (notamment l'épisode tragique des Banyamulenge) qui rendirent nécessaire sa destitution. Par la suite, et après un exil de cinq ans au Togo, Patassé est rentré au bercail pour se présenter à l'élection présidentielle en tant que candidat indépendant. Cette fois, il n'obtiendra pas plus de 20 % des suffrages exprimés, se plaçant tout de même en deuxième position derrière François Bozizé. Souffrant d'un diabète récurrent et de fortes fièvres, il décéda le 5 avril dernier à Douala (Cameroun), alors qu'il se rendait pour raisons sanitaires à Malabo, en Guinée-Equatoriale. Avec sa disparition, c'est une page de l'histoire de la République Centrafricaine qui se tourne et il incombe désormais à la jeune génération de s'atteler à en écrire de nouvelles. 

 

Sara Pendéré

Rédaction Centrafrique En Ligne

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