Le DG Raphael Lawy des douanes relève le défi de la réforme du secteur

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

Source : La Plume-RCA

Dans le souci constant d’assainir les finances publiques, le président François Bozizé avait pris une mesure courageuse pour suspendre les services des douanes en République centrafricaine afin de lui permettre d’engager de profondes reformes et d’arrêter l’hémorragie causée par les agents malhonnêtes des douanes qui confondaient leurs biens à ceux de l’Etat. Ils excellaient dans la corruption et les détournements des deniers publics. 



A l’époque, de nombreuses villas, construites par les agents des douanes, poussaient comme des champignons dans la capitale. En outre, les douaniers non assermentés devenaient curieusement des entrepreneurs de taxis et bus, investissaient dans diverses activités commerciales saignant dangereusement la caisse de l’Etat. 
Ce comportement irresponsable des agents de la douane était à l’origine des arriérés de salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat. Après le départ massif des brebis galeuses suivi de la réhabilitation des douanes, il y a eu de l’embellie. Même si la décision du chef de l’Etat était incomprise par une catégorie d’agents véreux qui se sont enrichis sur le dos du contribuable, elle était d’ailleurs la bienvenue pour éviter la dilapidation des ressources de l’Etat à des fins personnelles. 
Au terme de cette vigoureuse réforme, au moins les trois quarts des agents ont pris conscience qu’ils doivent se mettre au service de leur pays. 
Le président François Bozizé a nommé le 1er janvier 2010 un valeureux fils du pays à la tête de la direction générale des douanes et des droits indirects en la personne de M. Raphael Lawy, inspecteur des douanes qui a entre autres missions importantes, le devoir de veiller au bon fonctionnement des services, de superviser toutes les structures placées sous sa direction car, le rôle primordial de la douane est de générer des recettes pour permettre à l’Etat de faire face à ses dépenses régaliennes à base d’un budget fiscalo-douanier. Les douanes centrafricaines sont régies par des textes nationaux et supranationaux notamment de la CEMAC. 
Pour ce faire, la direction générale des douanes et des droits indirects remplit trois missions cardinales qui sont : mission fiscale, mission de promotion de l’économie et enfin mission de protection du patrimoine national. Depuis sa nomination, Raphael Lawy a réalisé des performances considérables au-delà des prévisions. A titre d’exemple, au mois de juin 2010, les recettes devaient obligatoirement atteindre le seuil de 3,220 milliards FCFA mais à l’arrivée elles ont atteint merveilleusement le plafond de 3,3 milliards FCFA. L’excédent ainsi réalisé est de l’ordre de 106, 32%. 
Pour atteindre cette performance, le directeur général Raphael Lawy a mis une stratégie de travail qui consiste à descendre personnellement sur le terrain deux ou trois fois par mois dans les différents services pour effectuer des contrôles de routine en appui aux services spécialisés. Il se rend régulièrement et de manière inopinée au poste de contrôle de PK 26 sur la route de Boali pour s’assurer que les véhicules soumis à l’exonération et ceux qui génèrent les recettes soient minutieusement vérifiés par les douaniers. Il s’agit d’encourager et de conscientiser ses collaborateurs à être performants dans leur travail. 
Cependant, il y a de sérieux problèmes liés à l’insuffisance de moyens de travail pour assurer le contrôle et la surveillance de nos frontières qui sont poreuses et qui favorisent les fraudes fiscalo-douanières. Raphael Lawy a affirmé qu’il est difficile d’enrayer totalement la fraude mais il envisage de mener une lutte sans merci contre la fraude, la corruption et l’enrichissement illicite. Comme pour donner l’exemple, il dit n’avoir qu’une voiture et ne posséder qu’une maison d’habitation dont les travaux sont inachevés. 
En outre, il y a un faible effectif des agents. Seulement 400 douaniers pour toute la République centrafricaine par rapport aux autres pays de la sous- région d’Afrique Centrale. En ce qui concerne la formation à l’Ecole Inter-Etats des Douanes (EIED) de la CEMAC dont le siège à Bangui, le quota dont dispose chaque pays membre est infime et ne permet pas de combler le déficit en effectifs. 
Il a mis un accent particulier sur la collaboration entre les douanes et le secteur privé qui pense souvent à tort que les douanes ne jouent qu’un rôle répressif. En réalité, ce pédagogue privilégie le dialogue et a toujours demandé aux transitaires de formuler des critiques même acerbes pour permettre au corps des douanes de rectifier les erreurs commises dans l’exercice de la profession. 
Les rapports à tous les niveaux de la hiérarchie sont excellents, a-t-il indiqué avant de reconnaître qu’il existe parfois quelques incompréhensions entre le ministre de tutelle et ses services mais elles sont rapidement circonscrites dans l’intérêt de la bonne marche de l’administration financière. 
Toutefois, le directeur général n’a pas manqué de dénoncer les nombreux cas de trafics d’influence émanant de certaines autorités du pays, trafics d’influence exercés sur certains collaborateurs dont quelques-uns ont perdu leur emploi. Pour étayer son propos, il a raconté l’anecdote selon laquelle, lorsqu’il était à la brigade des douanes de l’aéroport Bangui M’poko, un chargé de mission à la présidence de la République rentrant d’une mission à Abidjan, avait dans ses bagages une valise qu’il a refusé d’ouvrir malgré ses incessantes injonctions, juste pour en vérifier le contenu. S’en sont suivies de vives altercations et le chargé de mission finalement convaincu, dut céder. A la surprise générale, cette valise qui n’était pas la sienne lui avait été confiée depuis Abidjan par une femme et cette valise contenait des marchandises dont il ignorait la valeur. Et des exemples de ce genre sont légion. 
A la question de savoir quel regard porte-t-il sur les actions économiques du président François Bozizé, il n’hésite pas à répondre qu’étant cadre militant du KNK, il défend sa philosophie de travail, rien que le travail pour un développement harmonieux de la Centrafrique. Il l’a depuis toujours soutenu pour son nationalisme. Donc, un travail productif bien fait peut libérer le peuple de la misère. Il a également observé un changement notable dans le pays depuis le sursaut patriotique du 15 mars 2003. Le chef de l’Etat nous a toujours encouragés pour le travail que nous faisons ici, a-t-il déclaré en substance. 
Grace à la politique que mène-le président François Bozizé, les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, les bourses des étudiants et les pensions des retraités sont payés régulièrement et à terme échu. Il n’y a plus de grève des syndicats ni des crises sociales comme auparavant. 
Mon objectif, a dit en conclusion, Raphael Lawy, est de tout faire pour que les douanes seules arrivent à payer désormais les salaires et que les recettes provenant de la régie des impôts servent à d’autres investissements. C’est que mon ambition est de maximaliser le niveau de nos recettes. Pour cela, nous avons acquis un scanner de la part de la Chine. Nous sommes en train de construire un hangar pour abriter ce matériel qui nous permettra de doubler les recettes, de bien gérer les containers parce que le contrôle mécanique ne révèle pas exactement leur contenu. Il faut protéger notre économie contre la sortie frauduleuse des pierres précieuses et la fuite des capitaux. 

Publié dans ACTION GOUVERNEMENTALE

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