Le Gabon aux portes du capital du groupe minier français Eramet

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

 

Après des mois de tractations, le Gabon devrait augmenter sa participation dans la Comilog qui exploite le manganèse gabonais et prendre également des parts dans le capital de la société mère, le groupe minier français Eramet. Une visite de son PDG au Gabon a permis aux deux parties de se mettre d ‘accord.

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« C’est un accord de principe auquel nous sommes parvenus ces jours-ci. A présent, ce sont les modalités d’accord qu’il va falloir mettre en place ». Le PDG d’Eramet Patrick Buffet, revenant de l’exploitation de Moanda dans le sud-est du pays, affiche une certaine confiance quant au principe d’une entrée plus important du Gabon dans le capital de sa société et de sa filiale gabonaise Comilog. L’enjeu est de taille puisque la Comilog, la Compagnie minière de l'Ogooué, représente pas moins de 1 500 emplois directs au Gabon dans le secteur du manganèse. Ce minerai utilisé dans la conception de certains aciers, la Comilog affirme en avoir produit 3,5 millions de tonnes en 2009 et vouloir franchir le cap des 4 millions de tonnes en 2012.

Suite aux discussions entre le président Ali Bongo Ondimba et Patrick Buffet, il apparaît que la prise de participation du Gabon dans le capital d'Eramet serait de 3 à 5 %. Par ailleurs, la participation de l’Etat gabonais, qui est déjà de 25 % dans la Comilog, passerait à 35 %. Un investissement qui coïncide avec la nouvelle stratégie économique de Libreville. Après le secteur du bois, et l’obligation faite aux opérateurs de transformer les grumes sur place avant exportation, le Gabon veut être de plus en plus associé aux projets industriels des sociétés étrangères y compris dans les mines.

C'est dans cette logique que le patron d'Eramet a proposé au président Ali Bongo d'associer son pays au développement d'autres projets en Afrique. Ceux-là ne manquent pas, notamment en Afrique du Sud qui recèle 80 % des réserves mondiales de manganèse. 
Mais en marge de cet accord global qui devrait coûter au minimum 300 millions d'euros (197 milliards de Francs CFA) au Gabon, on se demande si Libreville a les moyens de ses ambitions.
Comment débourser une telle somme alors que le pays va devoir s'acquitter dans les prochains mois d'une amende de 240 millions de dollars (127 milliards de FCFA) ? En mai dernier, le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, le CIRDI, une instance créée par la Banque Mondiale, a rejeté le recours du Gabon et condamné celui-ci à payer cette amende. Une sanction financière pour indemniser les plaignants à savoir, la société belge Transurb, les forestiers SGD et Rougier auxquels la concession des chemins de fer du Transgabonais fut retirée en 2003 pour être aussitôt réattribuée à… la Comilog.

 

 

Publié dans AILLEURS EN AFRIQUE

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