Elections en RCA : Le volte-face de Jean-Jacques Demafouth

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

JJDemafouth.jpgSes interventions sont scrutées par les observateurs de la vie politique centrafricaine comme un baromètre de l'avancement du processus DDR et succinctement, des progrès réalisés dans l'organisation d'élections générales prévues le 24 octobre prochain. Mais la dernière sortie du président de la NAP (Nouvelle Alliance pour le Progrès) et chef militaire de l'APRD (Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie), il y a quelques jours de cela, a laissé bouche-bée la grande majorité des centrafricains. En effet, M. Demafouth a déclaré que l'organisation des élections comptait désormais plus à ses yeux que l'achèvement du processus DDR et la réinsertion de ses combattants.

Cette affirmation était pour le moins inédite puisque, jusqu'alors, l'APRD avait toujours posé le désarmement ainsi que la réinsertion de ses troupes dans la société civile centrafricaine comme un préalable à la pacification des préfectures de l'Ouham et de l'Ouham-Pendé (bases de l'APRD), condition sine qua none à l'organisation d'élections viables dans cette partie du pays. Si aujourd'hui, Monsieur Demafouth, par ailleurs ancien ministre de la défense d'Ange-Félix Patassé, décide de placer le sort de sa patrie au-dessus des intérêts égoïstes de sa troupe de maraudeurs, nous ne pouvons que l'en féliciter en espérant que ses nouvelles résolutions seront pérennes. Peut-être est-ce enfin le retour à la raison du dirigeant de l'APRD et la fin de cette rébellion qui terrorise le nord-ouest de la République Centrafricaine depuis bien trop longtemps...

Le peuple centrafricain ne pourra néanmoins jamais oublier avec quelle sauvagerie il a ravagé de nombreux villages centrafricains et avec quelle froideur il a exécuté cinq proches de l'ex-président André Kolingba en 1999, crimes pour lequels il n'a jamais répondu devant la justice de son pays. Il faudra donc que Jean-Jacques Demafouth compte sur la miséricorde du président centrafricain François Bozizé Yangouvonda afin qu'il ne soit pas puni pour ses actes abjects et qu'il puisse réintégrer, avec ses mercenaires, la société civile centrafricaine. Alors, les populations du nord-ouest de la République Centrafricaine pourront enfin se rendre aux urnes sans pression aucune et les préfectures de l'Ouham et de l'Ouham-Pendé seront désormais aptes à devenir des régions prospères, où couleront le lait et le miel...

Robert Wali

Rédaction Centrafriquenligne

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