Passation de pouvoirs au FAGACE : un espoir pour les entreprises implantées en RCA ?

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

communique--le-fagace-change-de-directeur-general--12586699.jpgEn novembre dernier, à Cotonou au Bénin, s'est tenu la 1ère session extraordinaire du FAGACE, le Fond Africain de Garantie et de Coopération Economique. Créé en 1977 à Kigali et tributaire de douze états membres, le FAGACE n'a jamais su remplir son rôle initial, à savoir le soutien aux entreprises dans leurs démarches pour obtenir un prêt face à des banques souvent réticentes. Ce fond, qui devait être un formidable levier pour le développement économique des Etats membres, n'a cessé depuis lors d'être moribond, oscillant entre résultats insignifiants et détournements flagrants des précédents directeurs généraux (dont M. Samb, le dernier en date, qui détourna plus de 2 millions d'euros au cours de son mandant). Lors de cette session extraordinaire, un remplaçement du directeur général fut voté et ce fut le centrafricain Henri Marie Dondra qui fut élu, se voyant aussi confier l'ambitieuse mission de redynamiser ce fond de garantie afin de lui donner toute la place qu'il mérite dans le paysage des institutions économiques panafricaines.

Cette élection ne pouvait que rendre la fierté au peuple centrafricain, qui voyait ses dirigeants trop souvent écartés de la direction des institutions sous-régionales ou continentales. Henri Marie Dondra, un technocrate de 42 ans, aura donc toute la latitude pour faire parler sa longue expérience de la finance, surtout qu'il y a quelques jours, les membres du FAGACE ont voté le renforcement du capital de l'institution à hauteur de 16,3 milliards de Francs CFA. Cette manne inespérée sera tout au bénéfice des entreprises des Etats-Membres (plus particulièrement des PME/PMI). Ceux-ci pourront alors développer leurs activités en souscrivant des prêts recevant la garantie du FAGACE. En effet, sur tout le continent africain, l'accès au crédit est très difficile : il est évident que la réticence des banques implantées en Centrafrique à délivrer des crédits aux investisseurs couplée avec des taux d’intérêts prohibitifs (même en période de crise et d’abaissement des taux d’intérêts) freinent de façon conséquente les possibilités d’investissement en RCA. Le phénomène du microcrédit reste avant tout marginal et ne peut en aucun cas remplacer l’action des crédits des banques de second rang dans le développement industriel. C'est pourquoi nous pouvons fonder tant d'espoir dans l'action du FAGACE pour permettre aux entreprises centrafricaines et africaines de trouver un second souffle et d'être compétitives face aux grandes multinationales occidentales.

 

Robert Wali

Rédaction centrafriquenligne.com

Publié dans ACTU ECONOMIQUE

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