Pénuries d'eau à Bangui : quelle solution ?

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Depuis plusieurs semaines, de nombreux quartiers de Bangui se retrouvent privés d'eau courante. En cause : les problèmes récurrents de la SODECA, la société publique de distribution d'eau. Et ce n'est pas la première fois que la capitale centrafricaine se retrouve dénuée d'approvisionnement d'eau... Si la situation revient peu à peu à la normale depuis quelques jours, il convient de s'interroger sur les mesures à prendre afin que pareil dommage ne se reproduise plus.

Quand on pénètre à la SODECA, située sur les flancs de la Colline aux Panthères (derrière la Palais de la Renaissance et à côté du Camp de Roux), il faut s'attendre à éprouver un choc. Les locaux sont vétustes et les bassins de retraitement des eaux usées débordent ostensiblement. Régulièrement, du fait du manque de produits sanitaires ou de ruptures dans les canalisations, l'approvisionnement en eau est interrompu sur tout l'étendue de la capitale. Il y a quelques années de cela, la SODECA était même un haut-lieu de la prévarication. Des directeurs généraux peu scrupuleux avaient plongé l'entreprise publique dans un hourvari sans nom, se remplissant généreusement les poches au passage... Pour mettre fin à ces pratiques d'un autre âge, le Président de la République, S.E. le Général d'Armée François Bozizé, s'est vu dans l'obligation d'effectuer une tournée matinale d'inspection dans les locaux de la SODECA, histoire de remettre tout le monde au travail. 

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Depuis, un nouveau directeur général en la personne de Rufin Beltoungou a été nommé et la situation globale de l'entreprise s'améliore de jour en jour. Pourtant, les coupures subsistent et demeurent régulières. Pour y remédier, il conviendrait sans doute, comme de nombreux autres pays africains, de confier la gestion de la SODECA à des investisseurs privés. Bien entendu, il ne s'agit nullement de brader un bien national mais moderniser en profondeur la société de distribution des eaux. Par le truchement d'une ouverture du capital de la SODECA, les investisseurs privés seraient alors en mesure de transformer cette entité publique en une entreprise rentable et assurant sans discontinuer ses services au consommateur. Par ailleurs, l'Etat garderait une minorité de blocage au sein du conseil d'administration dans l'optique de toujours veiller aux destinées de l'entreprise. C'est à ce prix, et à ce prix seul, que l'eau courante ne sera plus source de problèmes pour les habitants de Bangui.

 

Albert Tangawissi

Rédaction Centrafrique En Ligne

Publié dans EDITORIAL

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SO ZO LA 21/05/2011 04:29


Voici une situation délicate qui interpelle l'implication du gouvernement.
l'eau est un bien essentiel dont un peuple ne peut en être priver se manière continue