Pour que l'enfant centrafricain ne soit plus jamais délaissé...

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE

056-lafibala-enfant-africain.jpgLe 16 juin dernier s'est déroulé, comme tous les ans depuis 1991, la journée de l'enfant africain, en commémoration des massacres de Soweto qui atteignirent leur paroxysme le 16 juin 1976. En ces jours de constats et d'espoirs, il convient de nous intéresser plus particulièrement au sort de l'enfant centrafricain, indissociable du destin de la République Centrafricaine depuis son indépendance le 13 août 1960. Enfance trop souvent ignorée, enfance trop souvent bafouée, enfance martyrisée même sous le régime de Bokassa Ier avec la répression sanglante de la manifestation des écoliers ainsi que des lycéens en 1979. Cet acte indigne d'un guide de la République Centrafricaine a précipité la chute de Jean-Bédel Bokassa et de son régime en place depuis près de quinze ans. 

En 2007 (selon les derniers chiffres publiés à l'heure actuelle), la République Centrafricaine restait à l'antépénultième africaine en terme d'Indice de Développement Humain (IDH, prenant en compte l'espérance de vie, le PIB par habitant et le d'alphabétisation), à la lutte avec le Burkina-Faso, la RDC ainsi que la Guinée-Bissau et devant la Sierra-Leone et le Niger. Néanmoins, des progrès importants ont été réalisés depuis 2003 où la République Centrafricaine est passé de la dernière place africaine avec un IDH à 0,34 à une honorable mais insuffisante position avec un IDH à 0,37.

Il faut ici avouer que la première catégorie de la population qui pâtit de ce sous-développement est l'enfance. Disettes récurrentes dans certaines régions soumis à un conflit (Haut-Mbomou, Mbomou, et à une moindre échelle, régions de Birao et de Ndélé), taux d'alphabétisation très bas et insuffisance de médicaments plus particulièrement dans les zones rurales sont des facteurs qui influent sur la bonne croissance et succinctement, le futur de nos enfants.  Nous ne pouvons aujourd'hui rester sans rien faire, il nous faut agir. Et c'est ce qu'a compris le gouvernement centrafricain qui a rendu gratuit les antirétroviraux auprès de tous les centrafricains avec l'aide du Fonds Mondial pour le Sida tout en accroissant l'accès aux antipaludéens, promu l'éducation dans les zones rurales avec la construction de nouvelles écoles et l'embauche de nouveaux professeurs (notamment dans les préfectures de la Lobaye, de l'Ouham-Pendé ou bien encore dans la sinistrée Mambéré-Kadeï) et prévu de supprimer les droits d'écolage dans les prochains mois afin que tous les enfants, même issus des familles les plus démunies, puissent avoir accès à l'éducation. 

Nous ne pourrions omettre d'ajouter à toutes ces mesures que la République Centrafricaine a atteint l'été dernier le point d'achèvement de l'initiative pour les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), ce qui efface de facto la quasi-totalité de sa dette (excepté celle de Taïwan, que ce dernier n'a pas effacé pour des raisons politiques). L'abandon de ce fardeau sera, selon les propres termes du Premier Ministre par ailleurs ancien recteur de l'université de Bangui, réinvesti dans la nation centrafricaine et notamment dans la lutte contre la malnutrition et l'absence d'éducation décente pour notre jeunesse. Espérons que l'élection présidentielle de 2010 verra la victoire de l'Homme du 15 mars qui a commencé à redresser les erreurs de la plupart de ces prédecesseurs, pour que l'enfant centrafricain ne courbe plus jamais la tête devant les difficultés, plus que l'enfant centrafricain ne manque plus jamais de rien, pour que l'enfant centrafricain, notre enfant, nos enfants deviennent Hommes, vivant debout, avec fierté et bonheur.

 

Sarah Pendéré

Rédaction centrafriquenligne.com

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