Sommet de Syrte : la partition du Soudan s’invite dans les retrouvailles arabo-africaines

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

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Plus de trente ans après le premier sommet afro-arabe tenu au Caire, en 1977, l’Afrique et le monde arabe se retrouvent à Syrte. Des rendez-vous d’abord politiques.
En 1977,le monde arabe  qui voulait isoler Israël organisait un sommet Afrique-monde arabe d’une grande ampleur où appel avait était fait aux riches monarchies du Golfe de participer au développement de l’Afrique. Plus de 33 ans après cette rencontre, les deux parties se retrouvent le 10 octobre au complexe Ougadadougou  à Syrte, une ville qui a vu la naissance de l’Union Africaine le 9 septembre 1999.  Nul doute, l’hôte du sommet, Mouammar Kadhafi, qui a, dans la foulée,  présidé le sommet de la Ligue arabe,  voulait à l’occasion  de cette rencontre  réaffirmer son leadership  notamment sur  le Sahel. Concepteur et fondateur du CENSAD, le Guide devait saisir cette tribune pour mieux s’impliquer dans le dossier AQMI.  Opposé à un rôle majeur des grandes puissances dans la région, il devait saisir l’occasion pour proposer un règlement arabo-africain. D’où sans doute, la fin de non recevoir de Nicolas Sarkozy, qui a décliné l’invitation de prendre part à ce sommet. Du reste, le sommet qui propose une jonction entre le Plan arabe pour le transport et les projets d’infrastructures du NEPAD se conclut sur un engagement à développer le commerce, les investissements et les projets d’intégration entre les deux zones. Une intégration politique déjà opérationnelle, les arabes et les africains étant toujours solidaires dans les grands dossiers (ex Apartheid en Afrique du Sud, Palestine) défendus à l’ONU, mais qui est muse à rude épreuve par la partition,  «inévitable» selon les experts,  du Soudan, consécutive à une longue guerre entre le Nord arabophone et musulman et le sud chrétien et animiste.


Une maladie contagieuse…


Le sommet afro-arabe qui veut être l’autorité suprême de prise de décision dans la région parviendra-t-il à repousser un référendum dont, sauf surprise, le résultat est connu d’avance ?  Les dirigeants qui se sont quittés ont réaffirmés leurs appuis à l’unité du Soudan. «La fracture entre le Nord et le Sud du Soudan pourrait menacer l’Afrique entière ,… ce serait une maladie contagieuse», a déclaré Kadhafi. La déclaration lue par Amr Moussa, secrétaire général de la ligue arabe va dans le même sens : « respect de l’intégrité territorial et la souveraineté  du Soudan, soutenir les efforts de paix à l’intérieur du pays ». En fait, il s’agira de deux référendums, le second, qui se déroulera simultanément, concernera le statut de la région d’Abeyi, qui regorge de pétrole et de ressources minières. En définitive, ce seront aux soudanais du Sud de se prononcer le 9 janvier durant un référendum supervisé par l’ONU.


En attendant, l’Afrique et le monde arabe se sont  quittés  sur un partenariat renouvelé. Le président Hosni Moubarak rappellera,w lui, la vérité implacable de l’arithmétique «70 % des Etats arabes se trouvent en Afrique et 20% des Etats africains sont arabes ». Plus pragmatique peut être, Jean Ping, a plaidé pour un partenariat économique. «Les immenses réserves d’épargne des Etats arabes peuvent trouver un terrain d’investissement en Afrique, peuplé de 1 milliard d’habitant et grand comme «10 fois l’Europe et 4  fois les USA ».

Source : Les AFRIQUES

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