Table ronde des donateurs pour la RCA à Bruxelles : une réussite ?

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

La rencontre des bailleurs de fonds de toutes origines (gouvernements occidentaux, organisations internationales, fonds de charité) avec le gouvernement centrafricain à Bruxelles a-t-elle été concluante ? Oui, incontestablement oui, même si on pouvait s'attendre à plus. La faute sans doute aux pays donateurs, dont les engagements n'ont pas été à la hauteur des promesses. Alors que le Président de la République François Bozizé Yangouvonda, le Premier Ministre Faustin-Archange Touadéra et de nombreux membres du gouvernement se sont rendus à Bruxelles (capitale de la Belgique) pour y défendre la cause des centrafricains, les grandes puissances semblent avoir été sourdes à leurs revendications. Malgré les cries d'orfraie jetés par les hautes autorités du pays pour appeler à l'aide, d'aucuns parmi les pays donateurs se sont contentés de vagues déclarations d'intentions. Qu'importe ! L'assistanat n'a jamais été et ne sera jamais une solution au sous-développement. « Il faut mieux faire un pas avec le peuple que dix pas sans le peuple » disait Thomas Sankara, le Président défunt du « Pays des Hommes Intègres ». La République Centrafricaine, détruite sous l'ère Patassé, a su reprendre sa marche en avant et sa situation économique ne cesse de s'améliorer d'année en année. Si des problèmes subsistent, le gouvernement centrafricain saura sans doute les résoudre par lui-même, à terme. En tout cas, il en a démontré sa ferme intention lors de la conférence de Bruxelles. Et c'est sans doute ça le plus important...

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Toutefois, il convient de ne pas se morfondre dans un pessimisme qui n'a pas lieu d'être : près de 400 milliards de Francs CFA (environ 600 millions d'euros) vont tout de même être débloqués par plusieurs partenaires au titre du DSRP II (Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté). Les mauvaises langues qui avaient tablé sur l'échec de le conférence de Bruxelles peuvent désormais se tenir cois. L'argent du DSRP II sera donc majoritairement consacré à deux domaines : le développement de l'agriculture, financé en grande partie par le FIDA (Fonds International pour le Développement Agricole), et la lutte contre l'instabilité qui mine le pays depuis plusieurs années. Ces deux secteurs stratégiques ont été ciblés par le gouvernement comme étant des impératifs qu'il convient de développer au plus vite. Le domaine agricole (près de 40 % du PIB en y ajoutant l'élevage), en friche depuis Jean-Bédel Bokassa, attend une relance de grande envergure, notamment par le truchement de subventions aux agriculteurs et de fourniture d'engrais. Quant au domaine de la lutte contre l'insécurité, il est on-ne-peut-plus vital pour le bien-être des centrafricains vivant dans des préfectures comme celles de la Vakaga ou encore du Haut-Mbomou. Une partie des fonds du DSRP II iront donc à la restructuration de l'armée et au financement du processus de désarmement des rebelles de la CPJP.

 

Il nous faut maintenant accorder toute notre confiance à notre gouvernement, qui, nous en sommes sûrs, saura utiliser à bon escient ces subsides. D'ailleurs, les récentes déclarations du porte-parole du gouvernement et Ministre du Développement Rural, Fidèle Ngouandjika, laissent déjà présager la plus grande transparence dans l'utilisation de ces fonds. On rappellera à nos fidèles lecteurs que le premier DSRP, organisé en 2007, avait rapporté 300 milliards de Francs CFA à la République Centrafricaine, qui avaient notamment été dépensés dans le désarmement des rebelles ou bien encore dans la réhabilitation des axes routiers entre la République Centrafricaine et le Cameroun.  

 

Sara Pendéré

La rédaction de Centrafrique En Ligne

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