Togo : 75 francs CFA mettent le feu aux poudres

Publié le par CENTRAFRIQUENLIGNE


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Taxi absent de la circulation, pneus enflammés, routes barricadées et détours imposés aux usagers de la route. Tels sont les faits qui ont marqué, mardi, une grève des conducteurs dans la capitale togolaise. Cause : augmentation de 75 francs CFA des prix du litre des produits pétroliers à la pompe.

PAR OLIVIER TOVOR, LOMÉ (Source : Les Afriques)

La surprise a été grande dans la capitale togolaise où la vie a repris mardi après la journée fériée de lundi. Les conducteurs de taxi sont entrés en grève, protestant contre la hausse des prix des produits pétroliers entrée en vigueur samedi à partir de minuit. Le gouvernement, essoufflé par des subventions successives, s’annonce dans l’impossibilité de continuer à jouer le rôle du bon père, et laisse les prix flamber de 75 francs CFA à la pompe avec seul bonus le prix du gaz butane resté inchangé. Le super sans plomb est passé de 505 FCfa à 580, le gasoil de 500 FCfa à 575 FCfa, tandis que le pétrole lampant est passé de 390 FCfa à 475 FCfa. Une « hausse conjuguée de 33 % » des prix du pétrole de référence, le brent de Rotterdam, et la hausse du cours du dollar est à l’origine de cette nouvelle donne qui a poussé les conducteurs à sortir leurs griffes contre les nouvelles autorités togolaises, pendant que les consommateurs se remettent péniblement des conséquences d’une précédente hausse des prix à la pompe le 2 juillet 2009. Partie de simple manifestation de protestation, la grève des taxis qui paralyse la capitale togolaise s’est transformée presque en émeutes urbaines dans les quartiers populeux de Bè, vieux quartier au centre-ville, Tokoin-Cassablanca et Hôpital et dans les banlieues dont GTA-Agbalépodogan où les scènes ont été plus violentes et marquées par des regards de chaussée éparpillés dans les rues, des pressions sur des passants et des routes fortement barricadées et en sus des pneus et objets divers enflammés sur la chaussée.

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« Il est apparu aujourd’hui sans détours que l’Etat n’a pas les moyens de sa politique de subvention et qu’il faille changer de doctrine en la matière en s’orientant vers une politique de vérité des prix », s’était expliqué à la presse, Kokou Gozan, ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur privé, apportant la précision que, malgré l’option libérale affirmée depuis 1995 au Togo, le gouvernement a toujours contrôlé la fixation de certains produits fabriqués en situation de monopole ou qualifiés stratégiques notamment le ciment, la farine de blé, la bière et les produits pétroliers. Exceptionnellement pour les produits pétroliers, l’Etat a toujours administré les prix sans répercuter l’évolution réelle des cours mondiaux du pétrole et du dollar, malgré l’existence depuis 2002 d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix à la pompe selon un système de plus ou mois 5% du prix sur le marché mondial. « Cette politique a engendré d’énorme dettes de l’Etat vis-à-vis des sociétés pétrolières, menaçant parfois dangereusement l’approvisionnement du pays et la continuité des activités économiques », a expliqué M. Gozan.

 

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