Une conférence mondiale pour la transparence de l'exploitation des matières premières en Afrique

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Demain, mercredi 2 mars 2011, s'ouvrira pour deux jours à Paris la 5ème conférence mondiale de l'ITIE (Initiative pour la transparence des industries extractives). Sujet d'importance pour le contient africain qui certes, regorge de matières premières, mais en est le plus souvent dépossédé. Cette assertion vaut également pour la République Centrafricaine, riche de plus de 700 indices miniers dont on peut ici mettre en exergue pêle-mêle l'uranium, le diamant, l'or, le fer ou bien encore le coltan. Au nord-est, le sous-sol contient de nombreux hydrocarbures qui sont en passe d'être exploités par les chinois de la CNPC (China National Petroleum Company). Malgré ces formidables potentialités, la République Centrafricaine reste un des pays les plus pauvres de la planète (classé dans les PMA, les Pays les Moins Avancés), et ce en dépit des efforts de développement consentis ces dernières années par le gouvernement de François Bozizé. 

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La raison réside sans doute dans la mauvaise gestion de ces gisements de matières premières. Corruption, népotisme, convoitise des mouvements rebelles, manque de technologie avancée dans le domaine de l'extraction, toutes ces raisons peuvent être invoquées pour expliquer le retard de développement qu'a connu la République Centrafricaine ces dernières décennies du fait de la mauvaise gestion de ses ressources minières. Ravagée par les troubles qui perdurèrent de 1996 à 2003, des villes minières comme Berbérati (réputée pour sa prospérité héritée de ses collecteurs de diamants) ou Bria sont peu à peu tombées dans l'indigence. Pour y remédier, le gouvernement centrafricain a entrepris deux mesures d'envergure : l'adhésion au processus ITIE et l'élaboration d'un code minier en 2008, censé réguler le secteur et mettre fin aux pratiques informelles. 

Pas sûr que cela suffise, d'autant que l'appétence de grandes multinationales étrangères prêtes à tout pour dépouiller le pays de Barthélémy Boganda reste grande. Le contrat relativement déloyal qu'a passé Areva avec le gouvernement centrafricain (88% du gisement d'uranium de Bakouma reviendra à Areva, contre seulement 12% à l'Etat centrafricain) en est un exemple symptomatique. D'autre part, des régions entières comme le Haut-Mbomou, tant pourvu en coltan et en manganèse, sont encore sillonnées par des rebelles sans foi ni loi et leur présence ne prête bien entendu pas à l'établissement d'un processus d'exploitation des matières premières. Toutefois, le travail effectué en collaboration par l'ITIE et le gouvernement centrafricaine permettra sans doute au lecteur d'espérer quelque peu. Comme 30 autres pays, la République Centrafricaine a adhéré au processus ITIE dans l'optique d'améliorer la transparence dans le domaine des industries extractives, si vital pour l'économie de nos pays. Et les résultats sont déjà visibles, même si d'énormes progrès restent à accomplir. Cette 5ème conférence mondiale sera donc l'occasion pour la République Centrafricaine et ses représentants d'évaluer le chemin parcouru ainsi que de fixer les objectifs à atteindre prochainement, en complet accord avec les autorités de l'ITIE.

 

Sara Pendéré

Rédaction Centrafrique En Ligne

Publié dans ACTU ECONOMIQUE

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