La rébellion de Baba Laddé bientôt terminée ?
Après deux ans de troubles causés par les miliciens de la CPJP, le nord-est de la République Centrafricaine semble ne pas en avoir tout à fait terminer avec les mouvements armés non-conventionnels. En effet, on assiste ces dernières semaines à la résurrection du FPR de Baba Laddé, une rébellion tchadienne opérant en territoire centrafricain, principalement dans la préfecture du Bamingui-Bangoran. Les troupes de l’autoproclamé Général Laddé sont essentiellement composées de peuhls mbororos, des nomades transfrontaliers dont la principale activité se résume à l’élevage. Les peuhls mbororos se montrent souvent hostiles vis-à-vis des populations sédentaires de la région et n’hésitent pas à les attaquer pour s’approprier leur cheptel. Fédérés par la figure de Baba Laddé, les mbororos du FPR ont sillonné ces derniers jours le Bamingui et la Ouaka, essaimant morts et pillages sur leur passage. Depuis, ils se sont installés dans le village de Platama-Ouaka et ne semblent pas prêts d’en partir.
Pourtant, le 13 juin dernier, le FPR avait signé un accord de paix à Bangui avec les autorités tchadiennes, suite à l’intervention d’Abderramane Moussa, Médiateur de la République du Tchad. Dans un délai d’un mois, la soldatesque du FPR devait se regrouper et rendre les armes, pour être ensuite rapatriée le plus tôt possible au Tchad. Pourtant, tout ne s’est pas passé comme prévu. De manière unilatérale, le FPR a dénoncé l’accord de Bangui et a repris les hostilités de manière encore plus vigoureuse qu’avant le 13 juin. Les populations civiles de nombreuses localités centrafricaines ont subit foules d’atrocités dont l’abjection se révèle incommensurable. Face à la gravité de la situation, une délégation centrafricaine conduite par Monseigneur Pomodimo, Médiateur de la République, et le Colonel Jean Francis Bozizé, Ministre Délégué à la Défense Nationale, s’est rendue il y a trois jours à Kaga-Bandoro pour y rencontrer Baba Laddé. Après plusieurs heures de tractations, ils ont réussi à arracher de la bouche du chef rebelle la promesse qu’il se rendrait la semaine prochaine à N’Djaména pour renégocier les conditions de sa reddition avec les autorités tchadiennes.
Car, nous pouvons légitimement nous demander combien de temps la République Centrafricaine devra-t-elle encore subir la présence de rébellions étrangères, qui ont trouvé en la pays de Barthélémy Boganda un sanctuaire confortable ? Après l’UFDD et la LRA, devrons-nous encore endurer les exactions du FPR ? Il appartient désormais à la République du Tchad de tout mettre en œuvre pour rappeler ses engagements à Baba Laddé, sous peine de voir l’armée centrafricaine prendre des mesures radicales pour mater ceux qui trop longtemps s’en sont pris à la patrie du « Zo Kwe Zo ».
Robert Wali
Rédaction de Centrafrique En Ligne