L’énigme Martin Ziguélé acte II

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

 

A la suite d'un premier article traitant des liens distendus de Martin Ziguélé avec les rebelles de la CPJP, nous publions ici une seconde tribune réagissant à l'affaire du dépôt de sa candidature....

 

 

Que veut véritablement Martin Ziguélé ? Souhaite-il vraiment la tenue d’élections générales en République Centrafricaine, et si oui, fait-il tout son possible pour que celles-ci se tiennent le 23 janvier prochain ? A la lecture des derniers événements, il est permis d’en douter. En effet, il y a un peu plus d’une semaine, le président du MLPC (Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain) et ancien premier ministre d’Ange-Félix Patassé déposait sa candidature au siège de la CEI le lendemain même de la fin de ces mêmes opérations de dépôt des candidatures.  Motif invoqué : la réduction du délai du dépôt des candidatures pour les législatives et les présidentielles qui est passé de trente à douze jours. En raccourcissant le délai des opérations de dépôt, la CEI avait voulu garantir la bonne tenue du premier tour des élections en RCA le 23 janvier prochain. Cette opération visait donc à rattraper le retard déjà pris sur le chronogramme électoral du fait de l’immensité de la tâche du recensement électoral.

Ziguele-Martin-conf

 

Malgré le bien-fondé de cette décision, et alors même que tous les principaux partis avaient déjà désigné leurs candidats pour les législatives et les présidentielles, Martin Ziguélé tout comme le candidat du RDC, Raymond Gros Nakombo, ont décidé d’en rajouter à l’incurie du processus électoral en déposant leurs candidatures hors-délai. Cette opération de politique politicienne aurait pu se faire au détriment du peuple centrafricain si le président Bozizé n’avait pas eu la magnanimité de rallonger d’un jour ce fameux dépôt pour permettre au MLPC et au RDC de présenter ses candidats. Le Chef de l’Etat a sans doute dû considérer que les centrafricains seraient lésés dans leurs choix s’ils ne pouvaient avoir toutes les cartes en main pour élire celui qui présiderait jusqu’en 2015 aux destinées de leur pays. La postérité lui en sera donc reconnaissante pour avoir su ne pas répondre aux provocations enfantines des leaders d’une frange de l’opposition et pour avoir infligé un camouflet à ceux qui voulaient le faire passer aux yeux de la communauté internationale comme un dictateur sans scrupules. A défaut de l’intransigeance, le Général d’Armée François Bozizé a donc su opter pour la libéralité. 

 

Nous ne pourrions terminer ce bref article sans évoquer l’étrange schizophrénie dont sont animés les dirigeants du MLPC, et notamment leur président, l’inusable Martin Ziguélé. D’un côté, ses appels, relayés sur différents sites d’opposition, demandent au gouvernement de s’en tenir au respect strict du chronogramme électoral. De l’autre, l’ancien Premier Ministre, qui n’a jamais considéré la loi comme une frontière à l’ambition personnelle, ne cesse de répéter que Bozizé est un président hors-la-loi constitutionnellement (puisque son mandat s’est achevé en juin dernier) et que la République Centrafricaine s’est engagée dans un processus de « gbagboïsation », où le pouvoir en place aurait peur du verdict des élections. Cette situation pour le moins ubuesque serait risible si elle ne mettait pas en balance les destinées de plus de quatre millions d’individus. Quoi qu’il en soit, il nous semble permis de donner pour finir un conseil à notre « grand frère » Martin Ziguélé : la politique politicienne ne résorbe ni la faim, ni la pauvreté et il serait beaucoup plus honorable pour vous, candidat du deuxième parti de République Centrafricaine, d’appuyer cahin-caha la marche du régime vers l’organisation d’élections démocratiques le 23 janvier prochain. Il convient de sortir au plus vite de cette période électorale, afin que le prochain président puisse s’attaquer de plein-pied aux problèmes de développement qui ont commencé à être résolus durant le dernier quinquennat. L’Histoire ne saurait alors se souvenir autrement de vous que comme un homme politique de convictions et non de tergiversations.

 

Robert WALI

 

Rédaction Centrafrique En Ligne

Publié dans EDITORIAL

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