La Centrafrique dit adieu au Président Patassé

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

Catafalque recouvert du drapeau national. Une marrée humaine sous un soleil de plomb. Honneurs militaires et dépôt de gerbes de fleurs.  Des pleurs, des témoignages. Toute la République debout et s’inclinant respectueusement devant le cercueil de son ancien président.

C’est sous ce décor que la République Centrafricaine a rendu en ce samedi 21 mai 2011, hommage à son ancien président Ange Félix Patassé, décédé le 6 avril dernier à Douala au Cameroun. Les obsèques officielles se sont déroulées sur l’Avenue des Martyrs à Bangui, sous la présidence du Chef de l’Etat François Bozizé. Tous les corps constitués étaient présents ainsi que les membres du corps diplomatique.

 

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Trois hommages funèbres ont prononcés au cours de la cérémonie. En premier lieu, une des filles du défunt pour qui : « Patassé était un bon père de famille et passionné pour son pays.  Il a enduré des sacrifice et moi personnellement j’ai été jeté en prison à l’âge de 6 ans à cause de son attachement politique pour la libération du peuple centrafricain ». Second intervenant, Saustène Guethel. Un proche du défunt, membre de sa famille politique. Il a révélé une  confidence faite par le défunt, juste avant d’embarquer dans l’avion qui devait le conduire à Douala que : « mon petit frère, rassembles tes frères et les camarades auprès de toi, fais leur une ouverture et ne répondez pas aux provocations d’où qu’elles viennent ». L’intervenant a voué avoir compris ce message empreint de mystère à l’annonce de la disparition du défunt.

 

Le président Bozizé a rendu hommage à son défunt prédécesseur, saluant en lui l’une des grandes figures de la vie politique centrafricaine. Il a salué en lui l’une des plus grandes figures politiques de la Centrafrique. Toutefois, François Bozizé a dénoncé « l‘esprit de manipulation et de division dont font montre certains hommes politiques qui ont servi Patassé ». Passant du français au Sango la langue nationale, il a demandé « pardon à la famille du défunt pour ne pas s’être présenté à la place mortuaire, évitant toutes querelles ». Il a aussi reconnu avoir empêché l’ancien Chef d’Etat de sortir du pays. Mais contrairement aux accusations portées contre lui et le rendant responsable de la mort de Patassé, le président centrafricain  accuse plutôt « les alliés de Patassé qui constituent le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections (FARE-2011) ».

 

Après la sonnerie aux morts et les honneurs militaires rendus une dernière fois, le cortège funèbre s’est ébranlé pour le PK 26 sur la route de Boali (nord de Bangui). C’est là dans sa propriété qu’est prévue l’inhumation.

 

Source : Radio Ndeke Luka

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Ousmane Kabo 22/05/2011 00:51


Qu'il se repose désormais en paix.
Votre article décrivant ce dernier homage à AFP est le reflet de la réalité centrafricaine. Patassé restera l'un des rares africains qui aiment l'Afrique. Un technocrate qui avait des ambitions
réelles pour son pays, un technocrate soucieux de la paix dans la sous-région. C'est justement la raison pour laquelle ce sort lui a été reservé. Car plus pragmatique que politique, il s'est laissé
avoir par les guerriers doués de l'art de machiavel. Ceux qui n'ont pas compris son hier le regretteront à jamais. Pour ceux qui l'ont compris, qu'ils se disent que la RCA n'appartient qu'aux
centrafricains. Quoiqu'il vous arrive, n'aller pas importer les conflits. Les centrafricains doivent désormais tourner cette page et se retourner vers l'avenir afin de faire de bangui et des
provinces des lieux de paix ont l'ont peut se promener à pieds sans être inquiété. Ceux qui ont fait l'experience de la guerre et de la division le savent bien. Et le Centrafrique, je l'espère, a
dû en tirer les lecons. Ce pays qui, pourtant, ne connaissait pas cette culture de la guerre s'est laissé entrainer dans ce phénomène sous l'influence d'un de ses voisins. Ce que les centrafricains
faiseurs de guerre avaient oublié en son temps était qu'il n y a que leur pays qui payera le frais de leur experience et personne d'autre. Maintenant que le Président Bozizé le sait, il lui ne lui
reste qu'une seule chose à faire pour l'amour du Centrafrique des centrafricains: rebaptiser l'avenir de France au nom de Ange. C'est serait le seul pardon et la reconnaissance du sacrifice de AFP
pour sa patrie.
OUsmane