Tchad : pourquoi le rebelle Koulammallah a-t-il été arrêté ?

Publié le par CENTRAFRIQUE EN LIGNE

«Il savait bien que s’il rentrait au Tchad, il allait directement en prison comme les autres. Mais il a décidé de revenir et on ne peut pas lui dire de rester en Europe, car le Tchad c'est son pays», a confié un membre de sa famille joint au téléphone. En effet, c’est depuis quelques mois que le porte-parole de l’Union des Forces pour la Résistance(UFR) Abderaman Koulamallah a décidé de rentrer au pays afin de se mettre au service de son pays après quatre années passées dans la rébellion à l’est du pays. Il savait aussi qu’il avait été condamné par contumace et qu’il faisait l‘objet d’un mandat international émis à son encontre suite à sa condamnation lors de la session criminelle de 2008, mais il a osé revenir au pays.

 

 
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Le porte-parole de l’Union des Forces pour la Résistance(UFR) Abderaman Koulamallah

La joie des parents, amis et connaissances lors de son retour au pays le mardi 7 juin ne s’est pas prolongée. Bien qu’il a été accueilli dès son arrivé par le médiateur national à l’aéroport international Hassan Djaouss de N’Djaména avant d’être conduit dans sa famille, cela n’a pas empêché qu’il soit arrêté le lendemain à la surprise générale. Un chef d’un mouvement rebelle rencontré et surpris lors de cette arrestation a déclaré sous l’anonymat: «Ce n’est pas vrai ce qui se passe dans ce pays. Le président Deby parle de la main tendue et lorsque les opposants reviennent au pays, il les arrête. Nous estimons que cela ne peut pas ramener la paix au Tchad».

Pour Daniel Dezoumbé des Droits de l’Homme sans Frontières, si le chef de l’Etat lance un appel à tous les fils du Tchad de revenir pour reconstruire leur pays et qu’il les arrête, cela pose problème et ceux qui sont restés auront peur de revenir. «Il y a d’autres décisions que la justice n’arrive pas à mettre à exécution. Pourquoi cette fois-ci elle se précipite à le faire. Nous voulons tous la paix et cette façon de faire des autorités n’apportera jamais la paix au Tchad», a déploré Daniel Dezoumbé. Avant lui, plusieurs autres condamnés par session criminelle d’août 2008 pour atteinte à l’ordre constitutionnel, à l’intégrité et à la sécurité de l’Eta ont passés quelques mois à la maison d’arrêt de N’Djaména dès leur retour au pays avant de bénéficier de la grâce présidentielle. La première session criminelle d’août 2008 a condamné 12 chefs rebelles à mort dont Mahamat Nouri, Timan Erdimi, Hissein Habré et bien d’autres) et à 30 autres aux travaux forcés à perpétuité (Tom Erdimi, Dady Hassane et autres) avec confiscation de leurs biens au profit de l’Etat.

 

Source : Journal du Tchad

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